Philosophie Politique

 

INTRODUCTION

 

On pourrait dire de René Girard qu’il est un philosophe politique malgré lui. S’il laisse transparaître des analyses politiques dans plusieurs de ses livres d’entretien, notamment Achever Clausewitz, il s’estime étranger à la philosophie et affirme que « nous sommes entrés dans une période où l’anthropologie va devenir un outil plus pertinent que les sciences politiques ». Pourtant sa « médiation interne » est fortement corrélée à « l’égalité des conditions » de Tocqueville et « la guerre de tous contre tous » de Hobbes est apparentée à la « crise d’indifférenciation » mimétique.

 

Quoi qu’il en soit, en aspirant à contribuer à « une science des rapports humains », René Girard apporte à la philosophie politique plusieurs éléments de réflexion notables, par exemple : un processus morphogénétique qui fait dériver toutes les institutions, y compris la royauté sacrée, le système judiciaire ou la souveraineté, des meurtres fondateurs qui ont jalonné l’hominisation ; une remise en cause de l’idéalisme philosophique qui voit dans l’égalité juridique et la justice sociale les conditions de la concorde alors qu’elles sont aussi des facteurs aggravants des rivalités ; un travail de conceptualisation important sur les notions, essentielles pour le politique, de différence, indifférenciation, identité, appartenance et réciprocité ; la conviction d’une nécessité pour la philosophie de s’appuyer sur l’anthropologie en pensant les rapports humains à partir de la violence dans laquelle il sont toujours près de sombrer. Pour finir, le concept girardien séminal de « désir mimétique » éclaire d’un jour nouveau la citoyenneté des individus et la souveraineté des États en ce qu’elles semblent, l’une comme l’autre, répondre à leur revendication d’une égale puissance d’être.

 

Quelques ouvrages et textes de René Girard :

1985, La route antique des hommes pervers, Paris, Grasset

1990, Shakespeare, les feux de l’envie, traduction de l’anglais de Bernard Vincent, Paris, Grasset

1994, Quand ces choses commenceront, entretiens avec Michel Treguer, Paris, Arléa

1999, Je vois Satan tomber comme l’éclair, Paris, Grasset

2001, Celui par qui le scandale arrive, entretiens avec Maria Stella Barberi, Paris, Desclée de Brouwer

2001, « Ce qui se passe aujourd’hui est une rivalité mimétique dans un escalier planétaire », interview de René Girard par Henri Tincq publiée dans Le Monde, 6 novembre 2001.

2004, Les origines de la culture, entretiens avec Pierpaolo Antonello et João Cezar de Castro Rocha, Paris, Desclée de Brouwer

2007, Achever Clausewitz, entretiens avec Benoît Chantre, Paris, Carnets Nord ; édition utilisée, Paris, Flammarion, 2011

2007, Le sacrifice, Paris, Bibliothèque nationale

2007, « La pensée apocalyptique après le 11 Septembre : entretien avec René Girard », entretien avec Robert Doran Traduit de l’anglais par Caroline Vial, révisé par Sabine de Beaugrenier, pour la traduction française in Revue des Bernardins, 2011

2008, “Stendhal and Tocqueville” in Mimesis & Theory, Essays on Literature and Criticism 1953-2005, Stanford University Press, Stanford, California

 

Quelques auteurs

 

Paul Dumouchel, actuellement professeur de philosophie à l’université Ritsumeikan à Tokyo, a publié dès 1978 « L’ambivalence de la rareté », un des deux essais qui constituent L’enfer des choses. En 2011, avec Le sacrifice inutile, il analyse une situation observée à de multiples reprises au XXe siècle : un État, détenteur de la violence légitime dans le but de protéger sa population, se retourne contre une partie d’entre elle. Il a réuni en outre en 2015 l’ensemble de ses essais à portée politique sous le titre The Ambivalence of Scarcity and Other Essays.

 

Jean-Pierre Dupuy, actuellement professeur à Stanford, a publié dès 1978, « Le signe et l’envie », un des deux essais qui constituent L’enfer des choses. Philosophe et économiste, il s’est intéressé à la philosophie politique libérale anglo-saxonneen quête de justice sociale du XVIIIe siècle à nos jours qu’il a soumise à une critique girardienne dans Le sacrifice et l’envie. Depuis 2001, ses recherches portent sur les multiples facettes de ce qu’il théorise sous le terme de « catastrophisme éclairé ».

 

Wolfgang Palaver, professeur à l’université d’Innsbrück a consacré sa thèse de doctorat à l’analyse de la pensée de Hobbes à la lumière de la théorie mimétique. Elle a été publiée en allemand en 1991. Il a depuis, seul ou dans le cadre d’ouvrages collectifs, publié plusieurs essais en anglais.

 

 

COLLOQUES ET CONFÉRENCES

 

Sauver la planète : une unanimité non-violente est-elle possible ? 

sous la direction de Bernard Perret, avec Olivier Abel, Christian Arnsperger, Nicola Bouleau, Dominique Bourg, Jean-Pierre Dupuy, Michael Foessel, Dominique Méda, Alain Papaux

7 décembre 2012

Fondation del Duca

Dela Duca

Fonds d'écran Sauver la planète

Matin

 

 

Après-midi

 

 


La Planète va mal et le développement durable apparaît de plus en plus comme une chimère. Les négociations internationales sur le climat sont au point mort et il apparaît de plus en plus qu'un processus classique de marchandage sur la base d'intérêts contradictoires a peu de chances d'aboutir à des décisions suffisamment radicales. Au sein même de chaque pays, les remises en cause à opérer dans les modes de vie et l'organisation sociale sont d'une telle ampleur que seules un fort sentiment d'urgence pourrait les rendre acceptables. À elle seule, la raison économique est incapable de susciter les transformations nécessaires dans les comportements et les logiques d'action. Les seuls scénarios d'avenir crédibles sont ceux qui intègrent des ruptures dans l'orientation du développement économique sous l'effet de catastrophes qui, selon toute vraisemblance, ne manqueront de survenir d'ici la fin du présent siècle.


Face un tel constat, nombreux sont ceux qui pensent que le combat mondial contre les périls écologiques – au premier rang desquels le changement climatique – relève d'une logique de guerre, tant il semble impliquer un degré de mobilisation collective qui n'a été observé qu'à l'occasion des guerres modernes. Pour naturelle qu'elle paraisse, la métaphore guerrière est cependant problématique, car elle met en jeu la violence comme ressort central de l'action. Jusqu'ici, en effet, les hommes ont eu besoin d'ennemis ou de victimes émissaires pour transcender leurs intérêts individuels et unir leurs énergies en vue d'un même but. Or, la violence à grande échelle n'est plus seulement moralement inacceptable : c'est désormais une option suicidaire.


La guerre qu'il faut préparer est d'un autre type. Il ne s''agit plus de détruire et tuer mais de s'unir pour sauver ce qui nous est commun afin de rendre possible la poursuite de l'aventure humaine. Quels pourraient être les ressorts anthropologiques et les fondements éthiques d'une telle mobilisation ?


Une fois reconnu le caractère imprescriptible de nos responsabilités à l'égard de l'humanité présente et future, la réponse est à chercher dans une nouvelle compréhension de l'action humaine. Celle-ci n'est pas uniquement régie par la logique de l'accaparement, de la rivalité et de la violence ; elle est habitée par le projet de faire advenir un monde commun vivable et durable qui transcende nos destins individuels. L'émergence de nouvelles problématiques philosophiques autour du Care et de l'éthique de la vulnérabilité peut-être vue comme le signe précurseur d'une révolution des valeurs sous-tendue par une conscience plus aiguë de la fragilité de l'humain. Pour prendre pleinement corps, ce changement devra s'inscrire dans un projet politique et dans un horizon de sens. Pour la première fois dans son histoire, l'humanité doit créer consciemment et en peu d'années les conditions de changements anthropologiques et spirituels qui rendront possibles de nouvelles formes d'existence et d'action collective. 

Matin
9h15 – Introduction Bernard PERRET
I – La catastrophe écologique : apocalypse ou accident de parcours ?
9h30– 10 h : Jean-Pierre DUPUY : Limites de la pensée stratégique, défense du catastrophisme éclairé.
10h-10h30 : Olivier ABEL : La crise écologique, un « éboulement » de la civilisation
10h30 – 11h : débat avec la salle
11h15 – 11h30 Pause
II- Transition, rupture civilisationnelle ou conversion ?
11h15 - 11h45 : Dominique BOURG et Alain PAPAUX : Se préparer à faire face aux conséquences sociales (morales, politiques, juridiques, spirituelles et métaphysiques) de la dégradation de la biosphère
11h 45 – 12h15 :Christian ARNSPERGER : Transition écologique, déni des finitudes et renouvellement de la rationalité : Vers une économie écologique existentielle.
12h15 – 13h : débat avec la salle


Après-midi
III – Nouveaux jalons pour l'action humaine
14h15 – 14h45 : Nicolas BOULEAU : Face à la crise climatique, sortir de l'imaginaire économique
14h45 - 15h15 : Dominique MEDA : Prendre soin du monde (Le soin comme nouveau paradigme de l'activité humaine).
15h15– 15h45 : Bernard PERRET : Les ressources d'une Raison revisitée
15h45 – 16h15 : débat avec la salle
16h15– 16h30 Pause
IV – Le Principe Responsabilité en débat
16h30 – 17h : Michael FOESSEL : la démocratie au risque de l'écologie
17h – 17h15 : Réponse de Dominique BOURG
17h15 – 17h30 débat avec la salle

 

 

Présentation des intervenants

Olivier Abel est philosophe, professeur à la faculté de théologie protestante de Paris. Auteur de nombreux essais, il est notamment coresponsable du Fonds Ricoeur  Dernier ouvrage paru,Le Oui de Paul Ricoeur (Ed. Les petits platons, avec Eunhwa Lee).  

Christian Arnsperger est économiste, maître de recherche au Fonds national belge de la Recherche scientifique et professeur à l’Université de Louvain, rattaché à la Chaire Hoover d’éthique économique et sociale. Dernier ouvrage paru : Ethique de l’existence post-capitaliste(2009). 

Nicolas Bouleau est mathématicien, spécialiste des risques financiers, Professeur à l'Ecole nationale des ponts et chaussées. Auteur de plusieurs essais et ouvrages scientifiques, il est lauréat du prix Montyon de l'Académie des sciences.  

Dominique Bourg est philosophe, professeur à l'Université de Lausanne et membre du comité stratégique de la Fondation Nicolas Hulot. Il est notamment l'auteur de Vers une démocratie écologique : Le citoyen, le savant et le politique (Seuil 2010, avec Kerry Whiteside). 

Jean-Pierre Dupuy est philosophe, professeur émérite à l'Ecole Polytechnique et professeur à l'université Stanford. Dernier ouvrage paru, L'Avenir de l'économie : Sortir de l'écomystification(Flammarion 2012) 

Michael Foessel est philosophe, professeur des universités à l'Ecole pratique des hautes études, spécialiste de philosophie morale et de philosophie politique. Dernier ouvrage paruAprès la fin du monde(Seuil, octobre 2012).  

Dominique Méda est philosophe et sociologue, titulaire de la chaire « Reconversion écologique, travail, emploi, développement durable » au Collège des études mondiales (Fondation Maison des sciences de l'homme). Elle a notamment publié Au-delà du PIB. Pour une autre richesse(Flammarion, 2008).  

Alain Papaux est professeur de méthodologie juridique et de philosophie du droit à l'Université de Lausanne et professeur d'épistémologie juridique à l'Académie européenne de théorie du droit, à Bruxelles. Il a notamment co-dirigé avec Dominique Bourg l'ouvrage collectif Sobriété volontaire : En quête de nouveaux modes de vie (Labor et Fides 2012) 

Bernard Perret est ingénieur, socio-économiste et essayiste. Dernier ouvrage paru : Pour une raison écologique (Flammarion 2011).  

 

 

Autour du travail de Jean-Pierre Dupuy

avec Camille Riquier, Vincent Delecroix et Jean-Pierre Dupuy ​

 

22 mars 2018

Vincennes

 

Tract conférence  haut

 

  >INTERVENTION DE JEAN-PIERRE DUPUY

  sur son dernier livre La Guerre qui ne peut pas avoir lieu.


  La-guerre-qui-ne-peut-pas-avoir-lieuJean-Pierre Dupuy est professeur à l’Université Stanford. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages, parmi lesquels: L’Enfer des choses. René Girard et la logique de l’économie (avec Paul Dumouchel, 1979) ; La Panique (1991) ; Le Sacrifice et l’envie (1994) ; Pour un catastrophisme éclairé (2004) ; Petite métaphysique des tsunamis (2005) ; La Marque du sacré (2010) ; La Jalousie. Une géométrie du désir (2016).

 


  La Guerre qui ne peut pas avoir lieu vient de paraître aux Editions DDB et sera au centre du débat
 

  

  > INTERVENTION DE VINCENT DELECROIX

  Vincent Delecroix est romancier, philosophe et directeur d'études à l’EPHE, où il enseigne la philosophie des religions. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels : A la porte (2004) ; Ce qui est perdu (2006) ; Singulière philosophie (2006) ; La Chaussure sur le toit (2007) ; Tombeau d’Achille (2008) ; Chanter (2012) ; Poussin (2015) ; Apocalypse du politique (2016) ; Non ! : de l'esprit de révolte (2017).


 

  

  > INTERVENTION DE CAMILLE RIQUIER

  Camille Riquier est vice-recteur à la recherche à l'Institut Catholique de Paris, où il enseigne la philosophie. Corédacteur des Annales bergsoniennes, il est membre du comité éditorial de la revue Esprit. Il a publié de nombreux livres et articles, parmi lesquels : Archéologie de Bergson : temps et métaphysique (2009) et Philosophie de Péguy ou les mémoires d’un imbécile (2017).


 

 

 

 

 

Le moment 1806 : 

Hegel, Clausewitz, Hölderlin

​CONFERENCE DE BENOIT CHANTRE

8 juin 2012

Collège de France

logo collège de France

clausewitz

 
Ce colloque se propose de mettre en lumière les racines intellectuelles et les convergences qui ont favorisé, de la Renaissance au XXe siècle, les échanges culturels et les dia-logues savants entre philosophes et lettrés, amateurs d’art, scientifiques, praticiens et théoriciens de la rhétorique. Historiquement, la République des Lettres a proposé une relecture approfondie de la tradition humaniste des arts de la paix et elle a mis l’accent sur l’ethos de l’ami-tié et de l’hospitalité, la conceptualisation du droit naturel et du droit des gens. La grande tradition humaniste, dont la cohérence transnationale a fait contrepoids, sous l’Ancien Régime, à la « cul-ture de guerre » de tradition épique et féodale, a résisté à la virulence des nationalismes concur-rents du XIXe siècle, jusqu’au moment où elle a dû s’avouer vaincue à la veille de la seconde guerre mondiale. Le XXIe siècle connaîtra-t-il sa renaissance ?

 

   

L’Europe entre Hitler et Staline

Conférence de TIMOTHY SNYDER

25 octobre2012
Sciences Po-Paris

Cette rencontre est  co-organisée par The Thiel Foundation, le Département d'Histoire de Sciences Po - Paris et le Mémorial de la Shoah.

sciences po

terre de sangVideo

Les « Conférences René Girard », qui se tiennent à Paris et à l’université Stanford, donnent la parole à de grands intellectuels d’Europe et d’ailleurs, dont l’œuvre entre en dialogue ou en écho avec celle de René Girard. Timothy Snyder, a inauguré ces conférences en 2012.


Né en 1969, Timothy Snyder est professeur d’histoire à l’université de Yale. Son livre, Terres de sang, a été très remarqué aux États-Unis à sa sortie en 2010. Il a été depuis traduit dans de nombreuses langues.

Son propos est en effet aussi ambitieux qu’innovant. Pour la première fois, un historien tente de mettre en parallèle les crimes de masse que les nazis et les Soviétiques perpétrèrent entre 1933 et 1945, causant lamort de 14 millions de personnes. Essentiellement des femmes, des enfants et des vieillards. Un même espace aura été le théâtre de ces massacres, celui que l’historien appelle les « terres de sang », qui s’étendent de la Pologne à l’Ukraine et de la mer Baltique à la mer Noire. Au cœur de l’Europe, au contact des « plaques tectoniques » allemande et soviétique, des peuples voués à une haine ancestrale auront été les victimes de deux totalitarismes conjugués. Staline affama l’Ukraine. Puis vint la Grande Terreur. Sur ces mêmes « terres de sang », le nazisme causera la mort des deux tiers des 14 millions de victimes de la période, dont 5,4 millions de Juifs.

Au-delà des calculs morbides, Timothy Snyder raconte des vies brisées et rapporte de poignants témoignages. Ce faisant, il s’interdit de rendre un totalitarisme plus responsable qu’un autre. C’est dans cette perspective que ses recherches semblent dialoguer souterrainement avec la pensée de René Girard, et singulièrement avec Achever Clausewitz (Flammarion, « Champs », 2011). Car, montrant deux totalitarismes en guerre sur un même territoire, Snyder décrit ce qui eut lieu comme une « escalade de la violence », menant à la barbarie la plus brutale. L’auteur ne cite pas cependant René Girard, mais le concept de « complicité belligérante », qu’il reprend à François Furet, n’est pas sans évoquer l’hypothèse mimétique.

De fait, il semble possible d’aborder aujourd’hui ces deux totalitarismes, frères ennemis qui se sont encouragés dans leur logique meurtrière, aspirant tous deux à la destruction totale de leurs ennemis. Ces modèles politiques se sont ainsi concurrencés, s’imitant dans l’horreur. Ils s’affrontèrent ainsi, non parce qu’ils étaient différents, mais au contraireparce qu’ils se ressemblaient. Dans un tel contexte, leur guerre aura bel et bien été clausewitzienne – « la continuité de la politique par d’autres moyens » –, à cette différence près qu’il n’y eut là nulle politique pour stopper les effets de ce mimétisme apocalyptique. 

 

TIMOTHY SNYDER

 

Timothy Snyder, professeur de l’histoire de l’Europe centrale et orientale à l’université Yale, auteur du livre Terres de sang (traduction parue aux Editions Gallimard, 2012).

 

 
 

T. SNYDER 251012 from Pôle Audiovisuel Sciences Po on Vimeo.

 

Conférence à Stanford , le 13 mars 2013 dans le cadre des "Girard Lectures"

  

 

Le sens de l'histoire

​ENTRETIENS ENTRE RENE GIRARD ET BENOIT CHANTRE

à l'occasion de l'exposition "Traces du Sacré"

L2008

Centre Pompidou

beaubourg

sens de l'histoire

 
extrait (1/6): 1806 - La bataille d'Iéna -Clausewitz et la guerre dans la structuration des relations européennes 

 

 

 

 

 

 

Understanding New Wars

COLLOQUE INTERNATIONAL

ORGANISE PAR HARALD WYDRA

 (Faculty ofPolitics, Psychology, Sociology, and International Studies, University    ofCambridge)

décembre 2008
Cambridge

 

cambridge

understanding b

Ce colloque de deux jours a tenter de penser les nouvelles formes de conflictualités, et a fait à la pensée de René Girard une place importante (interventions de Mark Anspach, PierpaoloAntonello, Benoît Chantre et Wofgang Palaver), autour de son livre "Achever Clausewitz"

 

 

 

 

 

Comprendre la violence vécue par les personnes en situation d'extrême pauvreté

Conférence  international ATD Quart Monde

Conférence de Paul Dumouchel "Violence et banalisation de la misère".

26 janvier 2011
 

 

Chaire René Girard 2008 au Collège des Bernardins​

La guerre mondiale

COFERENCE DE MICHEL SERRES 

27 janvier 2008
Collège des Bernardins

 

bernardins

serres

 

 

 

 

Contrairement à l’usage courant, on appellera « guerre mondiale » celle que nous menons contre le monde.
On cherchera donc à définir la guerre usuelle, ainsi que le terrorisme, pour poser enfin la question de la violence que nous exerçons contre notre environnement.

Michel Serres, philosophe, membre de l’Académie française et professeur à l’université Stanford.


 

 

 

La menace nucléaire, notre nouveau sacré :

de Ben Laden à Hiroshima

​CONFERENCE DE JEAN-PIERRE DUPUY

10 juin 2008​

Collège des Bernardins

bernardins

Dupuy

L'apocalypse nucléaire est à la pensée stratégique ce que la crise sacrificielle est, dans la théorie de René Girard, à la science de l'homme : un centre absent dont découle tout ce qui est.
Cette menace est un trou noir, dont l'existence invisible se repète par l'attraction qu'il exerce sur les objets de son voisinage.

 

Jean-Pierre Dupuy
Jean-Pierre Dupuy, polytechnicien et ingénieur des mines, est professeur de français et chercheur au Centre d'Etude du Langage et de l'Information (C.S.L.I.) de l'Université Stanford, en Californie. Il est aussi philosophe des sciences, et a enseigné la philosophie sociale et politique et l'éthique des sciences et techniques jusqu'en 2006 à l'École polytechnique. Il est membre de l'Académie des technologies. Publications récentes : Petite métaphysique des tsunamis (2005) ; Retour de Tchernobyl, Journal d'un homme en colère (2006) ; La marque du sacré : essai sur une dénégation (2009) ; Dans l'œil du cyclone (2009).

 

Ivan Illich (7) - « La crise et le sacré : Illich et Girard » par Jean-Pierre Dupuy from CMSG on Vimeo.


 

 

Violence génocidaire et rationalité

CONFERENCE DE PAUL DUMOUCHEL

25 mars 2008
Collège des Bernardins

 

bernardins

dumouch

 

Entre l’irrationalité (économique et militaire) des politiques génocidaires, et la rationalité technologique des pratiques d’extermination, quels liens rattachent la vilence extrême avec ce que nous nommons la raison.

 

Par Paul Dumouchel, philosophe et professeur à l’université Ritsumeikan de Kyoto.

 

Voir la vidéo de la conférence de Paul Dumouchel

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Comparer les génocides

​CONFERENCE DE PAUL DUMOUCHEL

 

vendredi 19 juin à 17h

Bibliothèque nationale de France

90px-Logo_BnF.svg Dumouchel 2
 
 


  Paul Dumouchel est professeur au Graduate School of Core Ethics and Frontier Sciences de l’Université Ritsumeikan a Kyoto au Japon. Il est l'auteur de Émotions: essai sur le corps et le social (1995), avec Jean-Pierre Dupuy de L'enfer des Choses: René Girard et la logique de l'économie (1979) et tout récemment Le Sacrifice inutile. Essai sur la violence politique (2011). 
  Ses thèmes de recherche sont : l'épistémologie et philosophie des sciences, en particuliers de la biologie et des sciences sociales, anthropologie et économie; la philosophie de l'esprit et ses rapports avec les sciences cognitives et l'intelligence artificielle; la philosophie politique.
   


  écouter l'émission " Ce soir ou jamais" à propos du livre "Le sacrifice inutile". 
   
 

 


  Voir aussi le dossier sur le livre "Le sacrifice inutile : essai sur la violence politique" Editions Flammarion

 


   

 


   

 

 

La relation franco allemande. 
Autour d'Achever Clausewitz 

COLLOQUE INTERNATIONAL

27 janvier 2012
Collège des Bernardins

bernardins

Achever Clausewitz site

 
Vingt ans après la chute du mur de Berlin, le colloque prendra comme guide privilégié le livre de René Girard, Achever Clausewitz, paru en 2007. Cet ouvrage est une relecture du traité De la guerre du stratège prussien Karl von Clausewitz, en qui René Girard voit un observateur puissant des violences qui vont conduire l’Europe au bord de l’abîme.


Il s’agira de faire le point sur la relation franco-allemande de 1945 à nos jours. Dans l’horizon du cinquantenaire de la rencontre Adenauer-De Gaulle à Reims en 1962, la parole sera donnée à des historiens, des philosophes, des économistes, des spécialistes de stratégie, des scientifiques, des artistes et des théologiens, qui tous aborderont la question de l’identité de l’Europe et de son avenir.

 

Les Actes du colloque ont été publiés aux Editions Parole et silence (ISBN 978-2-249-62023-2)

 

 

  Vingt ans après la chute du mur de Berlin, le colloque prendra comme guide privilégié le livre de René Girard, Achever Clausewitz, paru en 2007. Cet ouvrage est une relecture du traité De la guerre du stratège prussien Karl von Clausewitz, en qui René Girard voit un observateur puissant des violences qui vont conduire l’Europe au bord de l’abîme.

 

  Il s’agira de faire le point sur la relation franco-allemande de 1945 à nos jours. Dans l’horizon du cinquantenaire de la rencontre Adenauer-De Gaulle à Reims en 1962, la parole sera donnée à des historiens, des philosophes, des économistes, des spécialistes de stratégie, des scientifiques, des artistes et des théologiens, qui tous aborderont la question de l’identité de l’Europe et de son avenir.

Ce colloque est organisé en partenariat avec l'association Confrontations Europe (www.confrontationseurope.org), la Fondation Adenauer, la Fondation Robert Schumann et le Crédit Mutuel.

 

Compte-rendus du colloque :

 

Philippe Herzog (Confrontations Europe)

 

Gérard Valin (Allemagne aujourd'hui)

 

Ecouter le colloque en ligne :

http://www.collegedesbernardins.fr/index.php/rencontres-a-debats/colloques/la-relation-franco-allemande-autour-d-achever-clausewitz.html

 

 

 

Programme:

 

Vendredi 30 octobre

 

Matin

8 h 30 - Présentation du colloque, par Benoît Chantre, Antoine Guggenheim, Philippe Herzog et Jean-Dominique Giuliani.

9 h 05 - Histoire : De la « montée aux extrêmes » à la réconciliation. [Conférences : Benoît Chantre, Edouard Husson.]

10h 30 - Stratégie : Vers une défense européenne ? [Table-ronde animée par Jean-Pierre Dupuy avec Yves Boyer, Jean-Dominique Giuliani, Beatrice Heuser et Josef Janning.]

 

Après-midi

14 h 30 - Economie : Compétition ou coopération ? [Table-ronde animée par Etienne Pflimlin avec Joachim Bitterlich, Joachim Fritz-Vannahme et Philippe Herzog .]

16 h 15- Ecologie : Robert Schumann, l’écologie, l’Europe. [Conférence : Jean-Marie Pelt.]

 

Soir

19 h 30 à 21 h 30 - Diplomatie : La relation franco-allemande aujourd’hui : la présidence française. [Conférence : Jean-Pierre Jouyet.]

 

Samedi 31 octobre

 

Matin

9 h - Théologie : Religions et cultures européennes. [Table-ronde animée par Antoine Guggenheim, avec Rémi Brague, Paul Thibaud et Wilhelm Guggenberger.]

11 h 15- Arts : Paris–Berlin ? [Table ronde animée par Catherine Grenier avec Christian Boltanski et Hans-Jörg Clement]

 

Après-midi

14 h 30 à 16 h- Philosophie : Guerre et politique. [Table-ronde animée par Benoît Chantre avec Jean-Vincent Holeindre, Pierre Manent, Wolfgang Palaver.]

16 h 30 - Dialogue avec René Girard.

18 h 00 - Clôture de l’année René Girard avec Mgr Jérôme Beau.

 

 

Avec la participation de :

 

 

Joachim Fritz-Vannahme


Historien, spécialiste de littérature et de sciences politiques, Joachim Fritz-Vannahme est directeur du département Sciences et Politique du magazine « Die Zeit » ; depuis 2007, il dirige le département « Projets Européens » de la Fondation Bertelsmann.

 

 

René Girard

René Girard est professeur émérite de littérature comparée à l'université Stanford, et membre de l'Académie française depuis 2005. Il est l’inventeur de la théorie mimétique qui, à partir de la découverte du caractère mimétique du désir, a jeté les bases d’une nouvelle anthropologie. Il se définit comme un anthropologue de la violence et du religieux.
Son premier livre, Mensonge romantique et vérité romanesque, publié en 1961, met au jour les ressorts du « désir triangulaire », à travers une approche de grandes œuvres romanesques (de Cervantès à Proust). Ses intuitions sur le « désir mimétique » lui permettent d’élaborer une anthropologie comparée des grandes formes du religieux archaïque : la question du mécanisme victimaire fait l'objet de son second livre, La Violence et le sacré, publié en 1972. Il entreprend ensuite de récapituler les grands acquis de sa recherche, dans Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978) où il évoque l’importance qu’il attache aux textes bibliques qui feront l’objet de plusieurs autres livres. En 2007, René Girard ouvre une quatrième étape de son travail, avec Achever Clausewitz, où il montre que la théorie mimétique peut devenir une clé décisive pour interpréter les phénomènes de la violence contemporaine.

 

 

Jean-Dominique Giuliani

Ancien Directeur de cabinet du Président du Sénat René Monory et Maître des Requêtes au Conseil d’État en 1995, Jean-Dominique Giuliani intègre la Direction générale du groupe Taylor Nelson Sofres (TNS Sofres). En 2001, il fonde une entreprise de consulting international, J-DG.COM International Consultants, qu’il préside. Depuis 2000, il préside la Fondation Robert Schuman. Il a publié de nombreux ouvrages dont : Marchands d'influence, les lobbies en France, (1991) ; Plaidoyer pour l'élargissement et Atlas des nouveaux membres, 2 tomes, (2002) ; Quinze + Dix, le grand élargissement(2003) ; L'élargissement de l'Europe, collection « Que sais-je » (2004) ; Un Européen très pressé, (2008).


Catherine Grenier

Catherine Grenier, conservatrice, directrice adjointe du Musée national d’art modern,e a conçu de nombreuses expositions et développé une activité régulière dans le champ de l’histoire de l’art et de l’esthétique, avec notamment la publication de plusieurs monographies (Annette Messager, Robert Morris) et de plusieurs essais récents : L’art contemporain est-il chrétien ? (2004) ; Dépression et subversion, les racines de l’avant-garde (2005) ; La revanche des émotions (2008)


Wilhelm Guggenberger

Marié et père de famille, Wilhelm Guggenberger est docteur habilité en théologie, spécialiste de l’éthique sociale. Sa thèse portait sur la doctrine sociale de l’Église :Niklas Luhmanns Systemtheorie. Eine Herausforderung der christlichen Gesellschaftslehre. Il a publié sur l’éthique économique : Die List der Dinge. Sackgassen der Wirtschaftsethik in einer funktional differenzierten Gesellschaft. Il est professeur-assistant à l’institut de théologie systématique de l’université d’Innsbrück.


Antoine Guggenheim

Prêtre et docteur en théologie, Antoine Guggenheim coordonne le pôle de recherche scientifique du Collège des Bernardins. Il a notamment publié : Liberté et vérité. Une lecture philosophique de « Personne et acte » de Karol Wojtyla (2000) ; Jésus-Christ, Grand Prêtre de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliance (2007) et Les preuves de l’existence de Dieu (2008).


Philippe Herzog

Philippe Herzog est président honoraire de l’association Confrontations Europe et ancien professeur des universités. Député européen de 1989 à 1999, puis de 2000 à 2004 (groupe de la Gauche Unitaire Européenne), il a été président de la Commission des relations économiques extérieures, vice-président de la commission économique et monétaire, et vice-président de la Délégation Europe/États-Unis. Il est notamment l’auteur de L’Europe après l’Europe  (2002) et Le Bonheur du voyage - Ethique, action, projets pour relancer l’Europe (2006).


Béatrice Heuser

Diplômée de l'université d'Oxford, Béatrice Heuser est maître de conférences au Department of War Studies du King's College de Londres. Ses publications portent sur les relations internationales contemporaines et la stratégie européenne, notamment Western Containment Policies in the Cold War : the Yugoslav Case (1948-1953) ; Securing Peace in Europe (1945-62) ; Transatlantic Relations : sharing ideals and costs ; Strategies in Europe : towards a European nuclear force.


Jean-Vincent Holeindre

Jean-Vincent Holeindre achève sa thèse de doctorat en science politique à l’École des hautes études en sciences sociales, sous la direction de Pierre Manent, sur « La ruse et la force : recherches sur la dissimulation et la tromperie dans la guerre ». Ses recherches portent plus généralement sur la philosophie politique de la guerre. Il a  publié avec Pierre Manent : Enquête sur la démocratie : études de philosophie politique.


Édouard Husson

Professeur à l’Universit2 d’Amiens, Édouard Husson contribue à la Chaire des Bernardins (département : Société, liberté et paix). Il a publié des essais sur l’Allemagne et sur le nazisme, dont Une autre Allemagne (2005) et Nous pouvons vivre sans les Juifs : comment et quand ils décidèrent la solution finale (2005). Il a contribué à plusieurs ouvrages collectifs sur la Shoah.


Josef Janning

Josef Janning est Vice-président de la Bertelsmann Foundation et Directeur délégué du Center for Applied Policy Research à l’Université de Munich. Il est l’auteur de Deutschland in Europa: Eine Bilanz europaischer Einigungspolitik (Deutschland-Report)  Politikfeldanalyse ; Managing Security in Europe: the European Union & Challenges of Enlargement (Strategies for Europe).


Jean-Pierre Jouyet

Après avoir occupé diverses fonctions au sein du ministère des Finances, et pris la direction du cabinet de Roger Fauroux, ministre de l'Industrie et de l'Aménagement du territoire, Jean-Pierre Jouyet devient directeur-adjoint, puis directeur du cabinet de Jacques Delors, président de la Commission européenne de 1991 à 1995. De 1997 à 2000, il est directeur-adjoint du cabinet de Lionel Jospin, Premier ministre puis Directeur du Trésor. Depuis le 15 décembre 2008, il est président de l'Autorité des marchés financiers. Auparavant il était, en tant que ministre d'ouverture, secrétaire d'État chargé des Affaires européennes.


Pierre Manent

Directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, Pierre Manent est l’auteur de plusieurs ouvrages importants de philosophie politique, parmi lesquels : Naissances de la politique moderne : Machiavel, Hobbes, Rousseau (1977) ; Tocqueville et la nature de la démocratie (1982) ; La Cité de l’homme (1994) ou La Raison des nations (2006), essai dans lequel il livre une réflexion stimulante sur l’avenir de l’Europe.


Jean-Marie Pelt

Président de l’Institut Européen d’Ecologie, Jean-Marie Pelt a enseigné la botanique et la physiologie végétale à la Faculté des Sciences de l’université de Metz. Il est l’auteur d’une quarantaine de livres portant sur la botanique, l’écologie, et la spiritualité, dont L’Homme re-naturé (1977) et La Vie sociale des plantes (1984). Parmi ses publications les plus récentes, on peut signaler : C’est vert et ça marche (2007) et La Raison du plus faible (2009).


Wolfgang Palaver

Wolfgang Palaver, théologien et philosophe politique, dirige l’Institut für Systematische Theologie et anime le département de recherche « Religion-Politique-Ordre mondial » à l’Université d’Innsbruck. Spécialiste de l’œuvre de Carl Schmitt, il a publié Die mythischen Quellen des Politischen. Carl Schmitts Freund-Feind-Theorie (1998). Il est l’auteur d’un livre sur la théorie mimétique de René Girard, René Girards mimetische Theorie (2003, 3e éd. 2009) et de nombreux autres ouvrages.


Etienne Pflimlin

Etienne Pflimlin, magistrat honoraire à la Cour des Comptes, a été conseiller dans différents cabinets ministériels (Intérieur, Finances, Commerce et Artisanat). Il a enseigné parallèlement à l'université Paris-Dauphine et à l’institut d’études politiques Paris. Il est actuellement président du Crédit mutuel. Il préside le groupe de presse L’Alsace.


Paul Thibaud

Paul Thibaud, philosophe français, essayiste, ancien président de l'Amitié Judéo-Chrétienne de France et ancien directeur de la revue Esprit, participe régulièrement, comme journaliste, à l'émission le rendez-vous des politiques sur France-Culture. Il a publié Et maintenant, contribution à l’après-Mitterrandisme (1995) et Judaïsme et christianisme (2000).



Les conférences de la Chaire René Girard auront lieu de 19h30 à 21h30 au Collège des
Bernardins, 20 rue de Poissy, 75005 Paris, dans le petit auditorium.
Renseignements et inscription:

www.collegedesbernardins.fr
www.arm.asso.fr (événement)

 

 

  

 

 

Les terrorismes contre la guerre

COLLOQUE INTERNATIONAL

décembre 2007

 

Centre Georges Pompidou

 

beaubourg Achever Clausewitz site
 
Ce colloque international est organisé par l'Association Recherches Mimétiques et le Centre Pompidou

​suite

 

"Djihadisme : le retour du sacrifice"

​CONFERENCE DE JACOB ROGOZINSKI

​Débat dirigé par Adrian Navigante

 

27 octobre 2017

Libraire Millepages

 

Rogo  

 

Rencontre avec Jacob Rogozinski autour de son dernier livre , "Djihadisme, retour du sacrifice", paru aux Editions Desclée de Brouwer.

 

 

Rogozinski Chantre

         

Djihadisme : le retour du sacrifice 

 

Quel est cet ennemi qui nous attaque à la terrasse des cafés, dans   une école, une salle de concert, une promenade ou une église ? 


  Un philosophe répond ici à cette question. Il montre que les notions de «terrorisme » ou de « radicalisation » nous empêchent de penser la terreur djihadiste. Il se demande où ce dispositif puise sa force d'attraction, dans quel contexte historique et social il est apparu, s'il est l'indice d'un « retour du religieux » et quelle relation il entretient avec la religion musulmane. Car le djihadisme a tout à voir avec l'islam, mais il n'est pas la vérité de cette religion : en voulant la réaffirmer, il la retourne contre elle-même. 


  Certains aspects de l'islam apparaissent alors au grand jour : son utopie émancipatrice, sa conception du pouvoir politique, sa dimension messianique et la rivalité qui l'oppose aux deux autres religions abrahamiques. Nous découvrons des « trésors perdus » de cette tradition. Ils pourraient nous aider à combattre la cruauté archaïque que les religions cherchent à contenir et qui fait aujourd'hui retour avec les martyrs-meurtriers du djihad.

 


Jacob Rogozinski est philosophe et professeur à l'Université de Strasbourg. Il est notamment l'auteur de Le Moi et la chair (2006) et de Ils m'ont haï sans raison - De la chasse aux sorcières à la Terreur (2015).

 

Voir l'entretien donné à Oumma par Jacob Rogozinski

https://oumma.com/jacob-rogozinski/

Voir Article "Le Monde" 13 octobre 2017
 

 

Quand le monde s'est fait nombre

CONFERENCE D'OLIVIER REY

 

Samedi 3 décembre 2016
Bibliothèque nationale de France

Video, durée 90 min

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Conférence d'Olivier Rey sur son dernier livre paru aux Editions Stock

 

 

 

La statistique est aujourd’hui un fait social total : elle règne sur la société, régente les institutions et domine la politique. Un vêtement de courbes, d’indices, de graphiques, de taux recouvre l’ensemble de la vie. L’éducation disparaît derrière les enquêtes PISA, l’université derrière le classement de Shanghai, les chômeurs derrière la courbe du chômage… La statistique devait refléter l’état du monde, le monde est devenu un reflet de la statistique.

quand le monde s'est fait nombre

 

 

Olivier Rey est né en 1964 à Nantes. Après avoir étudié à l’École polytechnique, il a obtenu un doctorat de mathématiques et est entré au CNRS. Parallèlement à ses activités de mathématicien, il a développé une pensée critique sur la place prise par la science dans nos sociétés, exposée dans un livre intitulé Itinéraire de l’égarement. Du rôle de la science dans l’absurdité contemporaine (Le Seuil, 2003). Son ouvrage suivant, Une folle solitude. Le fantasme de l’homme auto-construit (Le Seuil, 2006), a prolongé la réflexion en partant d’un fait concret : le changement d’orientation des enfants dans les poussettes qui s’est opéré au cours des années 1970 – symptôme de la propension des sociétés modernes à tourner le dos aux héritages qui les fondent, au risque de l’effondrement. 

Olivier Rey est passé en 2009 de la section « mathématiques » à la section « philosophie » du CNRS. Il est actuellement membre de l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (IHPST), et enseigne à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a publié ces dernières années plusieurs essais : Le Testament de Melville (Gallimard, 2011), où il s’attache à montrer, à travers une étude du chef-d’œuvre posthume de Herman Melville, Billy Budd, la puissance de la littérature pour explorer les questions éthiques et esthétiques ; Une question de taille (Stock, 2014), qui montre l’importance déterminante de la taille dans tout type d’organisation, naturelle ou sociale, et analyse de ce point de vue les difficultés auxquelles nous sommes aujourd’hui confrontés ; Quand le monde s’est fait nombre (Stock, 2016), qui étudie le développement de la pensée statistique au cours des derniers siècles, et fait apparaître que l’envahissement de notre monde par la statistique est lié, en profondeur, aux bouleversements intervenus dans la manière que les êtres humains ont de vivre les uns avec les autres.

 

Il a également publié deux romans, Le bleu du sang (Flammarion, 1994) et Après la chute (Pierre-Guillaume de Roux, 2014).

   

Nous devons réapprendre

à penser la guerre

CONFERENCE DE JEAN-CLAUDE GUILLEBAUD

 

Lundi 28 novembre 2016

Bibliothèque nationale de France

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Jean-Claude Guillebaud, qui fut longtemps un brillant correspondant de guerre, invite les lecteurs de son dernier ouvrage,

Le Tourment de la guerre paru début 2016 aux éditions L’Iconoclaste, à suivre son périple vertigineux dans le temps et dans l’espace, des mémoires des combattants aux travaux des théoriciens et des polémologues en passant par l’arpentage des champs de bataille. Il nous conduit ainsi de la guerre du Péloponnèse racontée par Thucydide aux attentats de 2015, aux combats avec l’État islamique et aux afflux de réfugiés. Son ouvrage nous permet de mieux discerner les invariants et les évolutions de ces états de violence particuliers que sont les guerres, de « réexaminer [leurs] ressorts, anciens et nouveaux » : affaires des princes ou des peuples, des armées de métier ou de la levée en masse, réglées ou déchaînées, affrontements symétriques ou asymétriques, à enjeux territoriaux ou idéologiques, guerres de religion, conflits idéologiques, guerres confessionnalisées et religions persécutées à l’occasion des guerres ou en dehors, drones contre attentats suicides…

 

Il nomme sa préoccupation de la guerre un « tourment », d’un beau mot qui dit la « vive douleur » mieux que l’insuffisant « souci » ou l’excessif « dégoût ». Car la guerre ne relève pas du seul souci des victimes ni du dégoût du sang lorsqu’elle exerce une indéniable fascination ; elle est parfois vécue, non sans quelques raisons, comme un rituel de régénérescence de sociétés s’adonnant aux « délices de Capoue » entre deux conflits. La guerre n’est pas que le mal. Et elle ne semble pas pouvoir être interdite a priori, quelles que soient les circonstances.

 

Fidèle à René Girard, Jean-Claude Guillebaud nous fait entendre « la voix méconnue du réel » entre idéalisme héroïque et réalisme politique. Rien n’est simple en effet dans des oppositions aussi tranchées en apparence que peur et courage, pacifisme et bellicisme, antimilitarisme non-violent et respect dû au soldat, rutilance des uniformes et pestilence des charniers, héroïsme et horreurs psychiques autant que physiques, pillage et fraternisation, partisan et terroriste, contention et montée aux extrêmes de la violence…

 

 

   

 

Qui est l'ennemi ?

Réflexions sur la violence sans limites

​CONFERENCE DE HARALD WYDRA

(Univerité Cambridge)

5 décembre 2015

Bibliothèque nationale de France

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Conférence de Harald Wydra, de l'Université de Cambridge
 
Les attentats de janvier et novembre 2015 ont bouleversé la France.
 
L'association Recherches Mimétiques a demandé à Harald Wydra, auteur d’un livre récent sur la violence ("Politics and the Sacred", Cambridge University Press) de donner, en observateur extérieur, une conférence sur ce sujet.
 
Harald Wydra est professeur de philosophie politique à l'université de Cambridge et membre de l'ARM.   

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE PHILOSOPHIE POLITIQUE 

 

Barberi, Marie-Stella (éd.), La Spirale mimétique. Dix-huit leçons sur René Girard, Desclée de Brouwer, 2001.

 

Bourdin, ​Jean-Marc, 

2018, René Girard, philosophe politique malgré lui, L'Harmattan

2018, René Girard, promoteur d'une science des rapports humains, L'Harmattan

 

Carnevalli, Barbara, 2011, Romantisme et Reconnaissance. Figures de la conscience chez Rousseau, Paris, Droz

Deguy, Michel et J.-P. Dupuy, Jean-Pierre (éd.), 2002, René Girard et le problème du mal, Paris, Grasset

P. Dumouchel, Paul,

(éd.), 1985, Violence et vérité : Autour de René Girard, colloque de Cerisy, Grasset, Paris

(éd.), 2001, Comprendre pour agir. Violence, victimes et vengeance, Paris, L’Harmattan,

2003, « La religion comme problème politique », Revue du MAUSS, 2003/2 no 22, p. 236-247. DOI : 10.3917/rdm.022.0236

2011, Le Sacrifice inutile : essai sur la violence politique, Flammarion, Paris,

2014, The Ambivalence of Scarcity and Other Essays, Michigan State University Press, East Lansing

Dupuy, Jean-Pierre,

1992, Le Sacrifice et l’envie. Le libéralisme aux prises avec la justice sociale, Paris, Calmann-Lévy

​Deguy, Michel et J.-P. Dupuy, Jean-Pierre (éd.), 2002, René Girard et le problème du mal, Paris, Grasset

2002, Avions-nous oublié le mal ? Penser le politique après le 11 septembre, Bayard, Paris

2002b, Pour un catastrophisme éclairé, Paris, Seuil

2005, Petite métaphysique des tsunamis, Paris, Seuil

2008, La Marque du sacré, Carnets Nord, Paris

2012, L’Avenir de l’économie. Sortir de l’économystification, Paris, Flammarion,

2019, La guerre qui ne peut pas avoir lieu, Essai de métaphysique nucléaire, Paris , DDB

 

Gans, Eric, 2012, The Girardian Origins of Generative Anthropology, Format Kindle

Gardner, Stephen, 1998, Myths of Freedom: Equality, Modern Thought, and Philosophical Radicalism, Wesport, Connecticut, Greenwood Press

Lagarde, François, 1994, René Girard ou la christianisation des sciences humaines, New York, Peter Lang

Larmore, Charles, 2004, Les pratiques du moi, Paris, PUF

 

Manent, Pierre,

1974, « René Girard, la violence et le sacré », in Contrepoint ° 14, juin 1974.

 

Orsini, Christine, 1986, La Pensée de René Girard, Paris, Retz

Palaver, Wolfgang,

1991, Politik und Religion bei Thomas Hobbes: Eine Kritik aus der Sicht der Theorie René Girards, Tyrollia,

2013,René Girard’s Mimetic Theory, Michigan State University Press, 

Palaver, Wolfgang et Petra Steinmair-Pösel (ed.), 2005, Passions in Economics, Politic, and the Media, in Discussion with Christian Theology, Wien, Lit Verlag

Ramond, Charles,

2009, Le vocabulaire de René Girard, deuxième édition, Paris, Ellipses

(éd.), 2010, La théorie mimétique : de l’apprentissage à l’apocalypse, Paris, PUF

 

Sloterdijk, Peter, 2008, Théorie des après-guerres, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, Paris, Libella - Maren Sell éditions

 

Tarditi Claudio, 2004, « Manque d'être, désir et liberté : pour une comparaison entre Jean-Paul Sartre et René Girard », Le philosophoire, 2004/2 n° 23, p. 238-251. DOI : 10.3917/phoir.023.0238

 

 

 

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Mark R. Anspach, CREA, École polytechnique

 


 

Paul Dumouchel, Université Ritsumeikan

 

 

 

 

 

 

 
Dernière modification : 03/04/2020