Livres de René Girard

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Le premier livre de René Girard, Mensonge romantique et vérité romanesque, publié en 1961, met au jour les ressorts du « désir triangulaire », à travers une approche de grandes oeuvres romanesques (de Cervantès à Proust). Ses intuitions sur le « désir mimétique » lui permettentd’élaborer une anthropologie comparée des grandes formes du religieux archaïque: la question de l’institution du sacrifice fait ainsi l’objet de son second livre, La Violence et le Sacré, publié en 1972.

 

René Girard entreprend ensuite de récapituler les grands acquis de sa recherche, dans Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978),où il évoque, pour la première fois, l’importance des textes bibliques. Ces derniers feront l’objet de plusieurs autres livres. En 2007, René Girard ouvre une quatrième étape de son travail, avec Achever Clausewitz(Entretiens avec Benoît Chantre), où il montre que la théorie mimétique peut devenir une clé décisive pour interpréter les phénomènes de la violence contemporaine.

 

 

Mensonge romantique et vérité romanesque

Mensonge couv

 
Editions Grasset 1961 
Don Quichotte ne désire pas spontanément ; il imite Amadis de Gaule, le médiateur de ses désirs. Dans le monde moderne, le médiateur n'est plus légendaire mais réel ; le disciple désire le même objet que son modèle, il se voit donc perpétuellement contrecarré par celui-ci et, loin de le vénérer comme Don Quichotte vénérait Amadis, il dénonce en lui un rival injuste ou même un persécuteur diabolique. L'homme moderne prise l'autonomie mais c'est toujours auprès d'un médiateur qu'il cherche à se la procurer, par une contradiction dont il n'a presque jamais conscience.
 

 

La littérature romantique répudie toute imitation et fait un dogme de l'originalité ; le médiateur reste dissimulé. La présence de ce médiateur, par contre, est inlassablement dénoncée dans les chefs-d'oeuvre romanesques. C'est de la médiation que relèvent ce que Stendhal appellevanité et ce que Jules de Gaultier, chez Flaubert, appelle bovarysme. C'est la médiation qui régit le mécanisme de la haine chez Dostoïevski, de la jalousie et du snobisme chez Proust, c'est elle, enfin, qui permet d'interpréter le masochisme et le sadisme. Les conséquences de la médiation s'aggravent à mesure que le médiateur se rapproche du sujet désirant et ce rapprochement engendre une dialectique qui éclaire aussi bien les analogies et les différences entre les grandes oeuvres romanesques que l'évolution historique vers les formes totalitairesde la sensibilité individuelle et collective.
La réflexion de l'auteur s'élargit donc en une méditation sur les problèmes de notre temps. C'est dans l'univers de la médiation que triomphent l'angoisse, la concurrence frénétique et les valeurs de prestige. Percevoir l'universelle médiation, c'est dépasser les psychanalyses et l'idée marxiste d'aliénation vers la vision dostoïevskienne qui situe la véritable liberté dans l'alternative entre médiateur divin et médiateur humain. C'est lire l'échec de la révolte prométhéenne non seulement dans les oeuvres littéraires mais dans un monde qui se laisse définir non pas par le " matérialisme " ou par " l'éloignement des dieux " mais par un sacré corrompu et " souterrain " qui empoisonne les sources de la vie.
Telle est la vérité à laquelle le romancier lui-même ne parvient qu'à travers l'enfer de la médiation. Il lui faut unir l'introspection et l'observation pour créer un Don Quichotte, un Raskolnikov ou un Charlus ; il lui faut donc reconnaître un prochain et un semblable dans le médiateur fascinant ; c'est dire qu'il lui faut mourir à l'orgueil romantique. L'écrivain meurt dans son oeuvre pour renaître romancier de même que le héros voit se dissiper ses illusions au moment de la mort. Marcel Proust, dans Le Temps retrouvé, dégage une signification éthique et esthétique commune à toutes les grandes conclusions romanesques.

 

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logo triangleFrance Culture - A voix nue (30/08/2004): 

René Girard s’entretient avec Raphaël  Enthoven à propos de "Mensonge romantique et vérité romanesque"

 

  logo triangleFrance Culture - Les nouveaux chemins de la connaissance (31/12/2012)

Adèle Van Reeth reçoit Pierre Pachet 

 

 

 

 

TABLE DES MATIÈRES

Mensonge table

 

 


 

La violence et le sacré

violence et sacré

 
Editions Grasset 1972 
René Girard se propose  de remonter jusqu’aux origines de tout l’édifice culturel et social qui est au centre de notre civilisation. 
L’enquête s’appuie à la fois sur une relecture très personnelle des tragiques grecs et sur une discussion serrée des principaux systèmes, sociologiques, ethnologiques, psychanalytiques, qui ont tenté de donner une  explication globale des premiers rites et des premières institutions culturelles et sociales. Freud en particulier est pris vivement à partie, ou plutôt ses successeurs, peu clairvoyants au sujet de certaines institutions de Totem et tabou. René Girard, après avoir critiqué les insuffisances de la théorie du complexe d’Œdipe, met l’accent sur le rôle de la « violence fondatrice » et sur celui de « victime émissaire », négligés jusqu’à présent par tous les chercheurs, et pourtant fondamentaux.

 


L’essai audacieux et percutant de René Girard ressortit aussi bien du domaine des sciences humaines qu’à celui de la littérature. Une vaste culture ethnologique, des références de premier ordre et toujours incontestables, permettent à l’auteur de construire une théorie nouvelle du sacré, et de donner une interprétation convaincante de nombreux thèmes mythiques et rituels (la fête, les jumeaux, les frères ennemis, l’inceste, l’ambivalence du modèle, le double, le masque, etc.) dont la signification profonde n’apparaît ici avec tant d’évidence que parce qu’ils sont étudiés, pour la première fois dans leur unité circulaire.

 

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Apostrophe

René Girard est reçu par Bernard Pivot

 

France Culture - A voix nue (30/08/2004): 

René Girard s’entretient avec Raphaël  Enthoven à propos de "La Violence et le sacré"

 

 

Radio France  "Les nouveaux chemins de la connaissance"

Benoît Chantre  s'entretient avec Adème von Reeth  sur " "La Violence et le sacré"

[play]  1ère partie

 

 

 

TABLE DES MATIERES 

 
  • Le sacrifice
  • La crise sacrificielle
  • Œdipe et la victime émissaire
  • Genèse
  • Dionysos
  • Du désir mimétique et du double monstrueux
  • VII Freud et le complexe d’Œdipe
  • Totem et tabou, les interdits de l’inceste
  • Lévi-Strauss, les structuralismes et les règles du mariage X Les dieux, les morts, le sacré, la substitution sacrificielle XI L’unité de tous les rites
 

 


Critique dans un souterrain

Lausanne, L’Âge d’Homme,1976.

 

 


 

Des choses cachées depuis la fondation du monde

Des choses

 
Editions Grasset 1978 
4ème de couverture de l’édition originale :
On savait depuis la Violence et le sacré, que toute société humaine et fondée sur la violence, mais une violence tenue à distance et comme transfigurée dans l’ordre du sacré. Dans ce nouveau livre, René Girard applique cette intuition originaire au grand recueil mythique de la mémoire occidentale, c'est-à-dire la Bible qui est toute entière selon lui, le cheminement inouï vers le Dieu non violent de notre civilisation. Il s’ensuit une relecture critique et proprement révolutionnaire du texte évangélique qui apparaît d’un coup comme un grand texte anthropologique, le seul à révéler pleinement le mécanisme victimaire. Il s’ensuit aussi la fondation d’une nouvelle psychologie fondée sur un mécanisme simple et universel que Girard appelle la « mimésis » et qui permet de faire le partage entre les processus d’appropriation, générateurs de violence, et les antagonismes, producteurs de sacré. Chemin faisant, on assiste à de magistrales analyses comparatives de Proust, Dostoïevski, de Freud et de Sophocle, à la lumière de cette notion nouvelle et qui se révèle particulièrement féconde du « désir mimétique.

 

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France Culture - Les nouveaux chemins de la connaissance

Jean-Pierre Dupuy s'entretient avec Adèle VanReeth du livre "Des chose cachées depuis la fondation du monde"

 

 

Table des matières

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LIVRE I : ANTHROPOLOGIE FONDAMENTALE

Chapitre I : Le mécanisme victimaire : fondement du religieux

Chapitre II : Genèse de la culture et des institutions

Chapitre III : Processus d’hominisation

Chapitre IV : Les mythes : le lynchage fondateur camouflé

Chapitre V : Les textes de persécution

 

LIVRE II : L’ÉCRITURE JUDÉO-CHRÉTIENNE

Chapitre I : Des choses cachées depuis la fin du monde

Chapitre II : Lecture non sacrificielle du texte évangélique

Chapitre III : Lecture sacrificielle et christianisme historique

Chapitre IV : Le Logos d’Héraclite et le Logos de Jean

 

LIVRE III : PSYCHOLOGIE INTERDIVIDUELLE

Chapitre I : Le désir mimétique

Chapitre II : Le désir sans objet

Chapitre III : Mimésis et sexualité

Chapitre IV : Mythologie psychanalitique

Chapitre V : Au-delà du scandale

 

 


To doublebusiness bound,

 

Baltimore and London, The Johns Hopkins UniversityPress, 1978. London,

 


 

Le bouc émissaire

Le bouc émissaire

 
Editions Grasset 1982  
4ème de couverture de l’édition originale
Œdipe est chassé de Thèbes comme responsable du fléau qui s’abat sur la ville. La victime est d’accord avec sesbourreaux. Le malheur est apparu parce qu’il a tué son père et épousé sa mère.
Le bouc émissaire suppose toujours l’illusion persécutrice. Les bourreaux croient à la culpabilité des victimes ; ils sont convaincus, au moment de l’apparition de la peste noire au XIVème siècle, que les juifs ont empoisonné les rivières. La chasse aux sorcières implique que juges et accusés croient en l’efficace de la sorcellerie.
Les Évangiles gravitent autour de la passion comme toutes les mythologies du monde mais la victime rejette toutes les illusions persécutrices, refuse le cycle de la violence et du sacré. Le bouc émissaire devient l’agneau de Dieu. Ainsi est détruite à jamais la crédibilité de la représentation mythologique. Nous restons des persécuteurs mais despersécuteurs honteux.
« Toutes les violences désormais révèle ce que révèle la passion du Christ, la genèse imbécile des idoles sanglantes,de tous les faux dieux des religions, des politiques, des idéologies.

 


L'objet de
 

 

 


 

La route antique des hommes pervers

Route antique

 
Editions Grasset 1985 
4ème de couverture de l’édition originale
La Bible conte l’étrange histoire de Job : il a tout perdu, il est rejeté par les siens, abandonné par Dieu et se lamente sur son tas de fumier. Elle rapporte aussi les dialogues de Job et de ceux qui se nomment ses amis. La tradition
accorde peu d’attention à ces Dialogues, ils révèlent pourtant la vraie dimension sociale de Job : il est le boucémissaire de sa communauté. Comme Œdipe, il doit emprunter « la route antique des hommes pervers » qui mène à la mort sacrificielle. Refusant d’entrer dans le jeu des bourreaux, Job dévoile le fonctionnement victimaire des univers primitifs.
Mais les démêlés de Job et de ses amis rappellent surtout les caricatures de procès auxquels se livrent sous nos yeux les régimes totalitaires : mêmes accusations de perversion, même nécessité des aveux de la victime, même mépris pour la vérité.
Ainsi, l’antique Livre de job permet-il à René Girard d’analyser avec clarté et conviction le phénomène totalitaire qui tente de ressusciter un religieux primitif et violent. Tentative d’autant plus redoutable qu’elle est mensongère,
puisque nous savons tous depuis deux mille ans que les victimes sont innocentes.
 

 

TABLE DES MATIERES
I. Le cas de Job
1. Job victime de son peuple
2. Job idole de son peuple
3. La route antique des hommes pervers
II. Mythologie et Vérité
4. Les armées célestes
5. Réalisme et transfiguration
6. Œdipe et Job
7. « Sous les pieds des chevaux cette reine foulée »
III. Le Mimétisme
8. « Et du mal ardent tout un pays est gagné »
9. Le Psaume 73
10. Le torrent des montagnes
IV. Du mécanisme au rituel
11. Le Tophet public
12. L’orphelin tiré au sort
13. Origine et répétition
14. Job et le roi sacré
15. L’évolution des rites
V. L’aveu de la victime
16. Un procès totalitaire
17. La rétribution
18. Défaillances de job
19. Mon défenseur est vivant
20. La rançon sanglante de l’égarement de la cité
21. Le Dieu des victimes

 

 


 

Shakespeare, les feux de l’envie

Feux de l'envie

 
Editions Grasset 1990
4 ème de couverture de l’édition originale
L’ouvrage de René Girard n’est pas seulement un nouveau livre sur Shakespeare – ce qui serait déjà une prouesse après tout ce qui a été écrit et publié sur ce génie de la littérature universelle ; c’est un livre nouveau sur le sujet. Et là réside tout son intérêt. De Shakespeare, René Girard nous propose en effet une lecture neuve inspirée de la théorie dont il est le père : la théorie « mimétique » - ou la théorie de la triangularité du désir. Mais, loin d’appliquer à Shakespeare les principes du mimétisme, il s’attache à montrer que Shakespeare et un « miméticien » avant la lettre et que toute la théorie mimétique était contenue, dès les premières pièces, dans l’œuvre théâtrale du grand poète. Au-delà de Shakespeare, René Girard nous interroge sur nous-mêmes, sur la dimension tragique de nos désirs, et nous propose un tableau à la fois sombre et plein d’espérance de l’humanité de toujours et de l’humanité d’aujourd’hui. Il fait aussi œuvre de polémiste et s’attaque à la critique littéraire contemporaine, mais son livre est moins un retour à la tradition que l’apparition d’un classicisme critique « nouvelle manière » qui, face à un modernisme exténué, vient manifestement à son heure. 
 

 

ECOUTER​

 

Radio France

René Girard s'entretien avec Raphaël Enthoven sur son livre "Shakespeare, les feux de l'envie"

 

Radio France  "Les nouveaux chemins de la connaissance"

Jean-Michel Oughourlain et Trevor Merrill s'entretiennent avec Adème von Reeth  sur " Les feux de l'envie"

 

 

 

LIRE

Extraits de l’introduction de René Girard

…Quant à Shakespeare, il ne tarda pas à comprendre qu’agiter le désir mimétique sous le nez du public n’est pas le plus sûr moyen de connaître le succès – chose qu’apparemment je n’ai moi-même jamais comprise. Il fallut très peu de temps à Shakespeare pour rendre plus subtile, insidieuse et complexe sa façon de traiter le désir, mais, avec une constance parfois proche de l’obsession, et qui n’implique aucune illusion d’omniscience, bien au contraire, jamais il ne se départit de la conception mimétique qu’il s’en faisait. Shakespeare peut être aussi explicite que certains d’entre nous au sujet du désir mimétique et il a pour cela son propre vocabulaire, suffisamment proche du nôtre pour permettre une reconnaissance immédiate. Il parle de désir suggéré, de suggestion, de désir jaloux, de désir émulateur, etc. ? Mais le mot capital est celui d’envie, employé seul ou dans des expressions composées comme désir envieux, émulation envieuse, etc. Tout comme le désir mimétique, l’envie subordonne le quelque chose désiré au quelqu’un qui jouit de cette chose d’une relation privilégiée. L’envie convoite cette supériorité d’être que ni le quelqu’un à lui seul ni le quelque chose à lui seul, mais la conjonction des deux semble posséder. L’envie témoigne involontairement d’une carence d’être qui fait honte à l’envieux, surtout depuis l’avènement de l’orgueil métaphysique au temps de la Renaissance.

 

C’est pourquoi l’envie est de tous les péchés le plus difficile à avouer, le plus répandu. … Est-ce à dire que l’expression « désir mimétique » est désormais inutile, redondante ? Pas du tout, car, si toute envie est mimétique, il n’est pas vrai que tout désir mimétique relève de l’envie. Pour rendre manifeste cette prodigieuse matrice à produire des formes que devient l’imitation désirante sous la plume de Shakespeare, il faut tenir compte de toutes ses modalités. Ceux qui s’élèvent contre le désir mimétique au motif que son « réductionnisme » appauvrivrait la ittérature se méprenne sur sa nature : ils n’y voient qu’un attirail conceptuel restrictif générant un contenu limité. Shakespeare répond lui-même à cette objection en donnant le nom de Protée, dieu grec des métamorphoses, au personnage qui incarne plus que tout autre le désir mimétique dans les Deux Gentilshommes de Vérone. Cette pièce de jeunesse ne réussit pas à tirer de ce nom tous les prolongements potentiels qu’il contient, mais c’est dans les chefs-d’œuvre comiques, à commencer par le Songe d’une nuit d’été, ce prodige de subtilité et d’adresse, que la qualité « protéiforme » du désir mimétique s’affirme avec une énergie incroyable.


 

TABLE DES MATIERES 

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Quand ces choses commenceront…,

Paris, Arléa, 1994.

 


The GirardReader,

New York, édité par James Williams,Crossroad, 1996.

 



JE VOIS SATAN TOMBER COMME L’ÉCLAIR

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Editions Grasset 1999
4 ème de couverture de l’édition originale
« Merci mon Père de révéler aux petits ce que vous avez dissimulé aux sages et aux intelligents. » Les sages et les intelligents, depuis, se sont bien vengés ; à force de concasser les Evangiles, ils en ont fait un petit tas de pièces et de morceaux trop hétéroclites pour signifier quoi que ce soit... Mais ils n’auront pas le dernier mot ! René Girard pense, comme Simone Weil, que les Evangiles sont une théorie de l’homme avant d’être une théorie de Dieu. Une carte des violences où son orgueil et son envie enferment l’humanité. Découvrir cette théorie de l’homme et l’accepter, c’est rendre vie aux grands thèmes évangéliques relatifs au mal, oubliés et évacués par les croyants – de Satan à l’apocalypse. C’est également ressusciter l’idée de la Bible toute entière comme prophétique du Christ. Ainsi les Evangiles, loin d’être « un mythe semblable à tous les autres », comme on le répète à l’envie depuis deux siècles, seraient la clef de toute mythologie derrière nous, et au-devant de nous, de l’istoire inouïe qui nous attend. Dans le dépérissement de toutes les pensées modernes, est-ce que seules les Ecritures Saintes tiendraient debout ? 
 

 

TABLE DES MATIERES

Introduction

Première partie LE SAVOIR BIBLIQUE DE LA VIOLENCE

I Il faut que le scandale arrive

II Le cycle de la violence mimétique

III Satan

 

Deuxième partie L’ENIGME DES MYTHES RESOLUE

IV L’horrible miracle d’Apolonius de Tyane

V Mythologie

VI Sacrifice

VII Le meurtre fondateur

VIII Les puissances et les principautés

 

Troisième partie LE TRIOMPHE DE LA CROIX

IX Singularité de la Bible

X Singularité des Evangiles

XI Le triomphe de la Croix

XII Bouc émissaire

XIII Le souci moderne des victimes

XIV Le double héritage nietzschéen 

 

 


 

Celui par qui le scandale arrive

celui par qui

 
Editions Desclée de Brouwer,2001
4 ème de couverture de l’édition originale
La violence semble aujourd’hui prise dans un processus d’escalade qui rappelle la propagation du feu, ou celle d’une épidémie ; mais, en dehors des grandes images mythologiques qui ressurgissent, les mots manquent pour dire ou décrire ce qui risque de nous submerger. Le présent ouvrage s’élève ainsi contre le relativisme qui mine les pensées contemporaines, incapables de saisir la violence à la racine de tout ordre symbolique. Car la violence n’est pas politique, encore moins biologique, mais mimétique : qui n’a pas compris les ressorts de l’imitation s’interdit de pouvoir comprendre les menaces qui sont en train de poindre. René Girard revient sur sa conviction que seuls la théologie de la Croix de saint Paul, les Evangiles et l’Apocalypse de Jean, prophétisés par la bible, sont à même de dévoiler l’origine cachée des institutions humaines. Il révèle également les grandes lignes de son travail en cours : un darwinisme revisité, une anthropologie qui, ne pouvant rester sourde à la Révélation, se conforme aujourd’hui à une théologie. Il précise enfin les points qui l’attachent à la fois et l’opposent à l’œuvre de Claude Lévi-Strauss. Alerte, toujours en devenir, quitte à revisiter d’anciennes analyses pour mordre sur les problèmes les plus contemporains, cette pensée foisonnante réserve au lecteur des belles surprises. 
 

 

Extraits de l’avant-propos

 

Dans le premier essai, après une brève analyse mimétique du terrorisme aujourd’hui, j’aborde le problème des conflits qui éclatent fréquemment entre des indifférents, des êtres qu’aucun désir ne rapproche ni ne sépare. Je montre pourquoi ces conflits-là, même et surtout les plus futiles, sont aussi mimétiques que s’ils s’enracinaient, avec tant d’autres, dans le désir trop partagé d’un objet non partageable. La substance même des rapports humains, quels qu’ils soient, est faite de mimétisme. La question majeure du second essai, est celle de l’ethnocentrisme souvent reproché à ma perspective anthropologique. Ceux qui protestent contre « l’ethnocentrisme occidental » s’imaginent volontiers ne rien devoir à l’Occident puisqu’ils s’en prennent furieusement à lui. En réalité, leur perspective est la plus occidentale qui fut jamais, plus typiquement occidentale que celle de leurs adversaires. (…) Dans l’interview avec Maria-Stella Barberi, je reparle de Claude Lévi-Strauss et de l’influence que ses livres ont exercé sur moi. Ce qui me sépare du structuralisme anthropologique est plus important encore que ce qui m’en rapproche, mais cela ne m’empêche pas de rester très attaché à l’œuvre de son fondateur, l’une des plus belles qu’ait produites ce siècle anthropologique par excellence qu’est le XXème siècle. C’est Lévi-Strauss qui, sans le savoir, par l’intermédiaire de ses livres a été mon professeur d’anthropologie. René Girard

 

 

Tables des matières

 

Avant-propos

I CONTRE LE RELATIVISME

Violence et réciprocité

Les bons sauvages et les autres

Théorie mimétique et théologie

 

II L’ENVERS DU MYTHE

Entretiens avec Maria-Stella Barberi.

 

 


 

La voix méconnue du réel

voix méconnue

 
Editions Grasset 2002
« C’est bien la voix méconnue du réel que, toute ma vie, je m’a suis efforcé d’écouter et de transcrire. Ces mots disent si bien ce que j’ai voulu faire qu’ils m’obligent à me demander si je l’ai vraiment fait. Mais il y a pour moi, dans ce recueil, une raison de fierté moins écrasante que l’étreinte directe du réel, plus modeste si l’on peut dire : les essais rassemblés ici ne reflètent pas les modes tapageuses de notre dernière fin de siècle, les divers avatars de la « French theory » qui, à l’époque de leur composition, caracolaient aux avant-scènes dans les universités américaines. Toutes ces théories étaient des destructions illusoires du réel. Ce qui m’a protégé, c’est le réalisme de la théorie dite mimétique, dont je ne sais pas très bien si c’est moi qui l’ai faite ou si c’est elle qui m’a fait. Les disciplines qui n’ont pas de statut scientifique, les sciences de l’homme et de la société, ne peuvent pas se passer d’hypothèse théorique. La variété des sujets traités dans le présent livre donne à la table des matières une allure presque impressionniste, mais ceux qui me connaissent ne s’y tromperont pas. C’est la théorie mimétique qui inspire tous ces essais. » R.G. 
 

 

Tables des matières

 

I. Violence et représentation dans le texte mythique

II. Différenciation et réciprocité chez Lévi-Strauss et dans la théorie mimétique

III. Le surhomme dans le souterrain. Les stratégies de la folie : Nietzsche, Wagner, Dostoïevski IV. Nietzsche contre le Crucifié

V. La question de l’antisémitisme dans les Évangiles

VI. Le désir mimétique dans le souterrain

VII. La peste dans la littérature et le mythe

VIII. Un équilibre périlleux. Essai d’interprétation du comique

IX. Innovation et répétition

 

 


Le sacrifice,

Paris, Bibliothèque nationale de France, 2003.

 


Les origines de la culture,

Paris, Desclée de Brouwer, 2004.

 


 

Achever Clausewitz

Achever Clausewitz bis

Editions Carnets Nord 1961 

Editions Flammarion, coll." Champs Essais", 2010

édition revue et augmentée d'un index et d'une postface de Benoît Chantre.

 

René Girard aborde dans ces entretiens l'œuvre de Carl von Clausewitz (1780-1831), stratège prussien auteur du De la guerre. Ce traité inachevé a été étudié par de nombreux militaires, hommes poliiques ou philosophes. On en a retenu un axiome esseniel : « La guerre est la coninuaion de la poliique par d'autres moyens. » Clausewitz aurait pensé que les gouvernements pouvaient faire taire les armes. Mais le succès de cette formule témoigne d'un refus de voir la nouveauté du traité. Observateur des campagnes napoléoniennes, Clausewitz a compris la nature de la guerre moderne : les termes de « duel », d'« action réciproque » ou de « montée aux extrêmes » désignent un mécanisme implacable, qui s'est depuis imposé comme l'unique loi de l'histoire. Loin de contenir la violence, la politique court derrière la guerre : les moyens guerriers sont devenus des fins.

 

 


René Girard fait de Clausewitz le témoin fasciné d'une accélération de l'histoire. Hanté par le conflit franco-allemand, ce stratège éclaire mieux qu'aucun autre le mouvement qui va détruire l'Europe. « Achever Clausewitz », c'est lever un tabou : celui qui nous empêchait de voir que l'apocalypse a commencé. Car la violence des hommes, échappant à tout contrôle, menace aujourd'hui la planète entière..


TABLE DES MATIÈRES

Introduction. Achever Clausewitz

 

I.       La montée aux extrêmes

 

II.      Hegel et Clausewitz

 

III.     Le duel et la réciprocité

 

IV.    Le duel et le sacré

 

V.      Tristesse d’Hölderlin

 

VI.    Clausewitz et Napoléon

 

VII.   La France et l’Allemagne

 

VIII.  Le pape et l’empereur

 

Conclusion.  Au-delà de la violence

 

 

ECOUTER RENÉ GIRARD SUR CET OUVRAGE :

 

Le Sens de l'histoire

Entretiens de René Girard avec Benoît Chantre réalisés à l'occasion de l'exposition "Traces du sacré" au Centre Pompidou (2008).

extrait (1/6): 1806 - La bataille d'Iéna -Clausewitz et la guerre dans la structuration des relations européennes

Conférence de René Girard, à l'Espace Bernanos en 2007.

 

17/10/2007 - Ce Soir Ou Jamais - L'apocalypse a-t-elle commencé ? pour le livre Achever Clausewitz "

 

France Info Philippe Valet Nov 2007

 

Calvi Nonobstant

 

Radio Courtoisie mars 2005

 

 


​Anorexie et désir mimétique, Paris, Editions deL’Herne, 2008.

 


La conversion de l’art,
Paris, Carnets Nord, 2008.

 


Mimesis and Theory: Essays on Literature and Criticism, 1953-2005.
Sous la direction de Robert Doran. Stanford University Press, 2008. ISBN 0804755809

 


Sanglantes Origines (2011), Entretiens avec Walter Burkert, Renato Rosaldo et Jonathan Smith , Paris, Ed. Flammarion.ISBN 9782081249356


 

 

 

 

 

 
Dernière modification : 22/08/2016