Vocabulaire 2016

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APOCALYPSE Ce n´est pas Dieu qui déchaîne sur les hommes l´Apocalypse en raison de leurs péchés mais ce sont les hommes qui, par leur désir mimétique et leurs rivalités, déclenchent  leur fin par leur propre violence destructrice . La révélation apportée par la Passion met à nu le mécanisme émissaire qui permet aux hommes de survivre à leur propre violence. Cette révélation met l´humanité en face d´un choix terrible : la fin du monde ou le Royaume.

 
DÉSIR MIMÉTIQUE Par opposition au besoin (l´instinct sexuel, le soif, la faim, etc.), que l´humanité partagent avec le royaume animal, le désir n´appartient qu´aux hommes. Freud donnait au désir une coloration érotique ou sexuelle. Or d´après la théorie de René Girard, le désir est avant tout mimétique, copié sur le désir d'un autre, que ce dernier soit réel ou imaginaire. Sans ce mécanisme mimétique, l´apprentissage serait impensable: les êtres humains apprennent en s´imitant. Mais le désir s´avère dangereux dès lors que l´imitation réciproque le fait porter sur un objet non-partageable. Dans le monde moderne, la disparition des barrières sacrées donne libre cours au désir et multiplie les rivalités de manière exponentielle.
 
INTERDIVIDUALITÉ.  On trouve ce néologisme pour la première fois dans Des Choses cachées depuis la fondation du monde, où il signifie l´interdépendance des êtres humains liés par l´imitation. En ce qu´elle décrit le moi comme étant engendré par le rapport mimétique, la psychologie interdividuelle se veut encore plus radicale que la psychologie relationnelle américaine. Cette dernière cherche à comprendre le rapport entre deux individus. Or l´interdividualité pose le rapport mimétique comme condition nécessaire du moi, celui-ci étant né dans et par la relation.
 
MÉDIATION Ce mot a été employé par René Girard dans son premier livre, Mensonge romantique et vérité romanesque. Le désir n´est pas linéaire; il est copié sur le désir d´un tiers baptisé ¨le médiateur. Ainsi le "triangle du désir" est composé de trois pôles: le sujet désirant, le médiateur et l´objet que ce dernier désigne en le désirant lui-même. Lorsque le médiateur est loin du sujet, la médiation est consciente et assumée, voire revendiquée. On parle alors de ¨médiation externe.¨ À mesure que le médiateur s´approche du sujet, celui-ci entre dans le ressentiment et la dénégation. De la médiation externe on passe à la médiation interne par laquelle se définit le monde hyper-concurrentiel et individualiste de l´Occident démocratique. Un petit nombre de grands écrivains modernes ont su révéler, derrière les poses romantiques, la présence dissimulée du médiateur.
 
DÉSIR MÉTAPHYSIQUE Le désir porte d´abord sur l´avoir du modèle, sur ses biens et sur les objets qui lui appartiennent. Ce n´est que petit à petit que le désir glisse vers l´être même du modèle pour se transformer en désir d´être, désir de s´approprier l´essence même du modèle imité, en détruisant ce dernier si nécessaire. Le modèle cesse d´être un simple rival pour un objet de convoitise commune et devient un véritable obstacle métaphysique qui empêche le sujet d´exister.
 
MIMÉTIQUE La mode, la spéculation financière et l´apprentissage reposent sur une imitation plus ou moins consciente et assumée. Le sujet sait ce qu´il fait et se laisse guider délibérément par son modèle. Mais ces cas constituent plutôt une exception à la règle générale. Alors que le mot ¨imitation¨ nous souffle l´illusion flatteuse que nous imitons toujours de manière délibérée et consciente, le désir est en réalité¨mimétique,¨ c´est dire que nous sommes le plus souvent manipulés par lui à notre insu. Ceci est particulièrement vrai lorsque l´imitation porte le masque de la révolte, de la contradiction ou du rejet ostentatoire. Don Quichotte imite Amadis de Gaul; le désir d´Alceste pour Célimène est déjà mimétique.
 
MYTHE Un être surnaturel, divin, à la fois sauveur bienveillant et puissance destructrice, intervient dans l´univers des hommes pour fonder un nouvel ordre du monde, une culture, apportant nourriture, santé et paix. Tel est le récit raconté par les mythes depuis l´aube de l´humanité. Dans le sens populaire du terme, un ¨mythe¨ est une histoire fallacieuse, un récit mensonger. La théorie de René Girard apporte des précisions. Bien que mensonger, le récit mythique n´est pas entièrement détaché de la réalité: derrière chaque mythe se cache le meurtre d´un innocent, victime de la violence collective du groupe divisé et manipulé par une rivalité mimétique qui lui échappe. ¨Choisie¨ de manière plus ou moins aléatoire par la violence aveugle de la foule, cette victime réunit ses tueurs qui l´adorent et la vénèrent tout en ayant peur de la voir revenir parmi eux.
 
   
 
 

 

 
Dernière modification : 26/01/2016