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Ciné-club

Décalogue 6 : «Tu ne seras pas luxurieux»
K. Kieslowski  ​(1988)

 

Ciné-club animé par Yves Vaillancourt, écrivain, photographe, professeur de philosophie au collège Ahuntsic de Montréal

 

SAMEDI11 JUIN 2016 
BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE

 

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Le Décalogue de Kieslowski est une oeuvre basée sur les dix Commandements. Il contient dix épisodes, présentés à la télé polonaise en 1988.

De manière générale, le Décalogue illustre la manière dont les hommes brisent les interdits et prennent difficilement, dans la douleur, conscience du bien.

Dans Décalogue 6, un jeune homme épie une femme dont il se déclare amoureux. Il entre par effraction dans sa vie privée de plusieurs manières. Il en vient à la rencontrer et à tout lui avouer. La femme, très séductrice, est piquée dans sa curiosité et invite le jeune homme chez elle. L'aventure amoureuse se termine abruptement et l'homme tente ensuite de se suicider. À partir de ce moment, c'est la femme qui épie son retour et semble s'intéresser à lui.

Décalogue 6 met en scène le caractère mimétique du désir, lié à la présence d'un médiateur, et place les deux personnages principaux de ce film dans une position de réversibilité bien mimétique elle aussi. Il y a également dans tout le Décalogue une symbolique religieuse, chrétienne, par laquelle s'effectue la révélation, comme Girard a voulu le démontrer. Les personnages de Décalogue 6 ne s'appellent pas Madeleine et Thomas pour rien.

 

 

LIRE LA CONFERENCE DE YVES VAILLANCOURT

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Entretiens de René Girard avec Pierpaolo Antonello (Univerité de Cambridge) sur les Dix Commandements 

 

 

 

 

 

Yves Vaillancourt est Professeur de philosophie au Collège Ahuntsic, Montréal, depuis 1993.

Auteur de nombreux romans, Yves Vaillancourt a également écrit des essais dont Jeux interdits, essai sur le Décalogue de K. Kieslowski (Presses de l’Université Laval, 2014, repris par Hermann, France), où il  propose une clé d'interprétation de l’œuvre cinématographique du réalisateur Krzysztof Kieślowski, basée sur la théorie mimétique de René Girard.

Yves Vaillancourt

 

Jeux interdits - Essai sur le Décalogue de Kieślowski

 

 

 → Extraits du livre

Prologue : Une approche contemporaine du bien et du mal

 

Première partie : Sur le mimétisme comme modus operandi

 

 

 

→ Critique dans la revue Séquence -Revue du cinéma

Livre Vaillancourt

 

 


ARCHIVES

 

"L'Argent" de Robert Bresson

(1983)

 

CINE-CLUB PRESENTE PAR JERÔME THELOT


 

 

 

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Yvon est injustement accusé d'avoir tenté d'écouler de faux-billets, ce qui lui vaut un procès et la perte de son emploi. Après s'être rendu complice d'un braquage, il est condamné à trois ans de prison. Il subit de dures épreuves : sa fille meurt de maladie et sa compagne le quitte. Le spectateur assiste à la chute du protagoniste, qui en vient à commettre les pires crimes. Cette issue tragique est présentée comme la conséquence d'une injustice originelle, elle-même due à l'appât du gain.

 

Jérôme Thélot est professeur de littérature française à l'université de Lyon III. Profondément marqué par l'œuvre d’Yves Bonnefoy, mais aussi par celles de René Girard, il élargit son approche de la littérature par l’inclusion des arts plastiques, en particulier de la photographie. Il a notamment publié Au commencement était la faim (2005), L’Immémorial. Etudes sur la poésie moderne (2011) .

 

 

 

"Fury" de Fritz Lang

​(1936)

 

CINE-CLUB PRESENTE PAR CHRISTINE ORSINI

 

Fury

 

Christine Orsini est agrégée de philosophie et l’une des premières interprètes de l’oeuvre de René Girard en France (René Girard et le problème du mal (coll.), Grasset, 1982; La pensée de René Girard, Retz, 1986).

 

Fritz Lang est déjà un immense cinéaste quand il s’exile aux USA, en 1934, après avoir refusé la proposition de Goebbels de devenir le patron du cinéma allemand. Il est avec Chaplin, son exact contemporain, Dreyer, Eisenstein, Murnau, Griffith, le fondateur du cinéma comme art. Intimidés et irrités aussi par son autoritarisme, les patrons de la MGM tardent à lui confier la réalisation d’un film. Sur la proposition de J. Mankiewicz, le premier film américain de Fritz Lang sera, en 1936, cette histoire de lynchage (il y avait deux ou trois lynchages par semaine aux USA dans les années trente, dans un pays en pleine dépression.) 


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"Beaucoup de bruit pour rien" 

"Much Ado About Nothing"

(1993)

 

CINE-CLUB PRESENTE PAR JOEL HILLION 

Much about nothing

"Entre comédie et tragédie, la pièce est souvent qualifiée de « romanesque » ─ ce qui correspond parfaitement à la « vérité romanesque » que René Girard a révélée dans les grandes œuvres littéraires. La pièce met en scène un subtil nœud d’intrigues, à facettes multiples, qui toutes portent sur le désir, la rumeur, la représentation, l’illusion mimétique.

 

   Le lieu : l’action se passe à Messine (que Kenneth Branagh a transposé en Toscane à l’époque romantique), dans le château du gouverneur Léonato, lieu clos où les désirs s’exacerbent.

 

   Le scénario : Le Prince d’Aragon et son frère bâtard Don John, rentrent victorieux de la guerre. Excitation générale, l’hubris est à son comble. Les jeunes lieutenants qui ont combattu auprès du Prince rentrent avec lui au pays. La consigne générale est : « marions-les ! »

 

   Dans Shakespeare. Les feux de l’envie, René Girard présente le thème de la pièce comme étant « l’amour par ouï-dire ». Les deux couples principaux, Héro et Claudio, Béatrice et Bénédict, ne peuvent s’aimer que s’ils sont convaincus par d’autres de s’aimer. Ils sont aussi poussés à haïr par le même effet de « ouï-dire ».

 

   Ainsi voit-on Bénédict et Béatrice se chamailler sans cesse. Ils se désirent mais veulent toujours plus de preuves du désir de l’autre. Ils jouent les indifférents en attendant que l’autre révèle son sentiment authentique. Ils ne se reconnaitront que par le truchement d’une conversation à laquelle ils ne participent pas et où ils entendent dire par l’autre tout le bien qu’il/elle pense de son partenaire :

                               Of this matter

Is little Cupid’s crafty arrow made,

That only wounds by hearsay.

                               Ainsi est faite

La flèche habile du petit Cupidon

Qu’elle ne blesse que par ouï-dire.

 

Nous, spectateurs, sommes avertis du truchement et comme nous comprenons la médiation, la manœuvre nous paraît particulièrement réjouissante. La pièce passe pour une pure comédie.

 

   Pareillement, le jeune Claudio attend de Don Pedro qu’il plaide sa cause auprès de Héro. Aucun des « jeunes premiers » n’ose déclarer sa flamme directement. Ils ont tous besoin d’un médiateur, d’un go-between.

 

   Héro et Claudio, très jeunes, s’aiment sans arrière-pensées. Mais Don John, par jalousie, veut faire échouer leur mariage trop heureux. Il monte un scénario dans lequel l’innocente Héro est flétrie aux yeux de Claudio. Ce dernier, personnage hypermimétique, succombe au stratagème. Nous, spectateurs, savons que c’est une supercherie, mais nous y assistons impuissants et la pièce tourne à la tragédie.

 

   Toutes les intrigues ne sont que jeux de substitutions, de médiations, d’entremetteurs, de modèles qu’on imite ou de réputations qui se brisent à partir de la manipulation d’une tierce personne. La rumeur se propage comme une contagion et elle emporte tout sur son passage. Comme toutes les histoires se répondent, l’effet kaléidoscopique est fascinant.

 

   Le scénario frôle souvent la tragédie. La pièce pourrait se terminer par une vengeance. Le mauvais frère, Don John, est le bouc émissaire tout désigné. Mais Shakespeare escamote la vengeance et préfère terminer sur une réconciliation générale.  Tout ce « bruit » ne se réduit pourtant pas à « rien ». Shakespeare avait prévenu, dès le titre, que les personnages allaient céder aux on-dit, à la rumeur, à l’illusion mimétique, en parfaite méconnaissance. La leçon de mimétisme qu’il nous offre est lumineuse. Il ne démontre rien, il montre seulement et donne à penser… Nous qui voyons tout ce scénario mimétique se dérouler sous nos yeux, nous ne pouvons céder à notre méconnaissance. De ce point de vue, la pièce est une révélation."

 

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Joël Hillion, professeur d’anglais, passionné de Shakespeare et de René Girard. Membre de l'ARM, il s’est consacré, depuis de nombreuses années, à interpréter l’œuvre du poète anglais à la lumière de la théorie mimétique. Joël Hillion est notamment l'auteur de "Le désir mis à nu", "Shakespeare et son double".

 

Joël Hillion a participé au colloque organisé en 2012 par l'ARM et l'Institut du Monde anglophone "Girard, lecteur de Shakespeare" (écouter le colloque).

 

Nous signalons la récente parution du livre "Les Sonnets de Shakespeare" (édition L'Harmattan), traduit et commenté par Joël Hillion  

 

« Certains sonnets sont si spectaculaires du point de vue [de la théorie mimétique] que j’ai longtemps caressé l’idée de commencer par eux », annonce René Girard dans Shakespeare. Les Feux de l’envie, son ouvrage majeur sur l’œuvre de Shakespeare. Les Sonnets comptent parmi les œuvres de Shakespeare les moins souvent étudiées, en particulier dans le monde francophone. Pourtant, ils contiennent des trésors de poésie et sont en même temps une des clés qui donnent accès à l’univers de Shakespeare, sans doute la plus personnelle.

Pour parvenir à une compréhension fine des Sonnets, la théorie mimétique est précieuse. Joël Hillion a tenté de reprendre et d’appliquer aux sonnets l’analyse que René Girard a faite des grandes pièces de théâtre de Shakespeare. Prétendus obscurs, beaucoup d’entre eux se révèlent, sous cet éclairage, d’une extraordinaire intelligence et l’ensemble du recueil offre une cohérence inattendue.

Les Sonnets, dès lors, apparaissent comme une pièce maîtresse dans l’œuvre de Shakespeare qui se projette sur toute sa production littéraire. Les Sonnets sont présentés en version bilingue, accompagnés de la traduction de l’auteur. Chaque sonnet est étudié séparément mais toujours dans une perspective globale. Au fil des commentaires apparaît une image de Shakespeare nouvelle et d’une étonnante richesse.

 

Voir le blog de Joël Hillion : http://joel-hillion.eklablog.com/

 

"Rashomon" de Akira Kurosawa

(1950)

 

CINE-CLUB PRESENTE PAR JAN-PIERRE DUMAS  

 

 

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"Acte du printemps"

de Manoel de Oliveira

(1963)

 

CINE-CLUB PRESENTE PAR BENOÎT CHANTRE

 

affiche mystère du printemps

A Curahla, dans la Tras-os-Montes, chaque année, les paysans jouent sur un texte du 16e siècle le mystère de la Passion.

> PRESENTION ET ANALYSE DU FILM

 

"Persona"de Ingmar Bergman
 

(1966)

 

CINE-CLUB PRESENTE PAR YACINE BELAMBRI

  Persona
 
 

La séance de ciné-club sera animée par Yacine Belambri, docteur en sociologie, membre du LERSEM (laboratoire d'études et de recherches en sociologie et en ethnologie de Montpellier) de l'université Paul Valéry à Montpellier.Sa thèse porte sur "L'hypothèse mimétique à l'épreuve de l'imaginaire : la gestion cathartique de la violence dans le cinéma"

 

"Une célèbre actrice, Elisabeth, est internée dans une clinique en raison du mutisme complet dans lequel elle semble s’être enfermée. On la confie aux soins d’une infirmière, Alma, avec laquelle se noue une étrange relation.

 

« Je sens aujourd’hui que dans Persona je suis arrivé aussi loin que je peux aller. Et que j’ai touché là, en toute liberté, à des secrets sans mots que seul le cinéma peut découvrir. »

Bergman dit même de Persona (1966) que c’est un film qui lui a sauvé la vie.

 

Il y a, commune aux deux personnages féminins du film, une recherche désespérée de l’authenticité, celle du désir, par-delà les conventions sociales qui nous cantonnent à des rôles. Ce sont eux qu’Elisabeth a décidé de refuser de jouer dorénavant. C’est la folie de ce radicalisme qui séduit Alma.

 

Les œuvres de Bergman et de Girard convoquent les mêmes thèmes (le mimétisme, le double, la monstruosité, le désir en lien avec la violence, le sacrifice…), soulèvent les mêmes questions, tout en y répondant de manière différente.

Cette rencontre sera l’occasion d’apprécier l’apport spécifique du cinéaste à la pensée de Girard. Un apport qui se présente moins sous la forme de réponses que de questions : qu’est-ce que la violence ? Comment la figurer ? Est-il même possible de la représenter ? Et, finalement, existe-t-il quelque chose comme la vérité ?"

 

 

 

 
 
 
Dernière modification : 06/09/2016