« René Girard et Simone Weil. Violence et vérité » . Séminaire de recherches ICP / ARM
Du 6 janvier au 2 juin 2026
Séminaire « René Girard et Simone Weil. Violence et vérité »
organisé par l’Association Recherches Mimétiques et l’Institut Catholique de Paris,
tous les premiers mardi du mois, de 18h à 20h.
EN PRESENCIEL ET DISTANCIEL
Institut Catholique de Paris, 21, rue d'Assas, Paris 6ème
OUVERT A TOUS SUR INSCRIPTION : lien vers l'ICP
Conférence hors séminaire de Pierre-Yves Gomez :
Vendredi 13 février 2026 à 20h00, au Forum 104 - Paris 6ème et par zoom
"De la science du social à la résistance politique : René Girard avec Simone Weil"
INFORMATION . L'enregistrement de la conférence sera bientôt sur le site.
Le séminaire 2026, organisé conjointement par l'Institut Catholique de Paris et l'ARM, présentera aux étudiants et aux chercheurs les réflexions et les travaux qui éclairent aujourd’hui l’une par l’autre la métaphysique religieuse de Simone Weil et l’herméneutique anthropologique de René Girard
La pensée de Simone Weil, suite à la publication de ses Œuvres complètes chez Gallimard, et suite aussi aux nombreux doctorats qu’elle a récemment suscités en France et à l’étranger, est devenue l’une des plus interrogées de la philosophie écrite en français. De même, la pensée de René Girard connaît actuellement un regain d’attention, dû sans doute à la monumentale biographie que vient de lui consacrer Benoît Chantre. Or René Girard, qui a lu Simone Weil dans les années 1950 et qui a annoté plusieurs de ses pages, a témoigné ainsi d’une relecture qu’il en a faite dans les années 1980 : « À la relecture, j’ai compris à quel point elle avait été présente au cœur même des idées principales qui gouvernent mon travail. »
Chez les deux auteurs, aussi distinctes que soient leur méthode et leur manière propres, et aussi différents que soient les termes de leur lexique, on voit que l’implication réciproque de la violence et de la vérité est à la fois le noyau nocturne de l’inquiétude spirituelle qu’ils ont partagée, et le mystère par excellence que leur problématique respective a continûment rencontré. L’ambition du séminaire est de reprendre leurs questions là où leurs écrits les ont laissées.
Christine Orsini et Jérôme Thélot
PROGRAMME (> PDF)
N.B. : Vous pouvez réécouter l'enregistrement des conférences passées en cliquant sur le titre
mardi 6 janvier 2026 - 18h à 20h :
— Jérémie Delsart : « Simone Weil lectrice de l'Ancien Testament : une série de problèmes à la lumière de René Girard »
— Pierre-Yves Gomez : « Peut-on conserver l’hypothèse de neutralisation en sciences sociales après Weil et Girard ? »
mardi 3 février - 18h à 20h - salle Z02 :
— Christine Orsini : « Force et Violence, lecture croisée de Weil et Girard »
— Camille Mairian : « Lutte pour la puissance et rivalité mimétique : mécanique de la violence chez Simone Weil et René Girard »
> Exemplier des textes proposés par Camille Mairian
Lien pour écouter la conférence : https://vimeo.com/event/5695851/8876beb6ab
mardi 3 mars - 18h à 20h - salle Z02 :
— Joseph Laba : « Sacré girardien, sacré weilien : des choses révélées depuis la fondation du monde »
— Maxime Morin : « Malédiction de la technique »
mardi 7 avril - 18h à 20h :
— Martin Steffens : « La violence de la vérité »
— Emmanuel Gabellieri : « Simone Weil et les mimétismes du gros animal »
mardi 12 mai - 18h à 20h :
— Jeanne Fayol : « Simone Weil et René Girard, lectures de Durkheim et constructions du concept de communauté »
— Jérôme Thélot : « Questions de poétique »
mardi 2 juin - 18h à 20h- salle V20 :
— Benoît Chantre : Titre à déterminer. Et synthèse sur le séminaire.
— Pierre Gillouard : « Simone Weil et René Girard face au problème du mal »
INTERVENANTS (PDF)
Benoît Chantre, éditeur, est président de l’Association Recherches Mimétiques qu’il a créée en 2005 avec René Girard. Il a notamment publié en 2023 la grande biographie intellectuelle de René Girard aux éditions Grasset.
Jérémie Delsart, professeur de lettres dans l’Académie de Lyon, est l’auteur du livre « Le Miracle de Théophile » (Cobra, 2024), son premier roman.
Jeanne Fayol, doctorante en philosophie à Sorbonne Université, en co-tutelle avec l’Université de Navarre, prépare une thèse de doctorat sur le lien entre la philosophie du travail et la pensée de la communauté chez Simone Weil
Emmanuel Gabellieri, philosophe, ancien doyen et ancien vice-recteur de l’Université catholique de Lyon, est l’auteur notamment de Être et Don. Simone Weil et la philosophie (Peeters, 2003), et de Etre et grâce. Simone Weil et le christianisme (Cerf, 2023)
Pierre Gillouard, docteur en philosophie (EPHE) et en théologie (Université de Genève), est postdoctorant à la faculté de théologie de l'Université de Genève. Sa thèse Simone Weil. La pensée à l'épreuve du mal, sera publiée à l'été 2026 au PUF.
Pierre-Yves Gomez, professeur émérite à Emlyon Business School, a notamment écrit Le travail avec Marx (Nouvelle Cité, 2016), Intelligence du Travail (Desclée De Brouwer, 2016), Le travail invisible (François Bourin, 2013).
Joseph Kokou Mawué-Yram Laba, auteur de plusieurs articles sur Simone Weil, prépare une thèse de Doctorat à l’Université Catholique de Lyon sur Simone Weil et le paradigme de la réceptivité. Enjeux anthropologiques et politique
Camille Mairian, agrégée de philosophie, est doctorante à l’Université Jean Moulin Lyon 3 ainsi qu’à l’Université de Genève. Ses travaux portent sur la notion d’énergie dans la philosophie de Simone Weil.
Maxime Morin, ancien élève de l’ENS, sa thèse de doctorat a porté sur la question de la technique dans l’oeuvre polémique de Georges Bernanos. Il est notamment l’auteur de Georges Bernanos et la révolution des consciences (Passager clandestin, 2025).
Christine Orsini, vice-présidente de l’Association Recherches mimétiques (ARM), est l’autrice de nombreux essais sur René Girard, dont La Pensée de René Girard (Retz, 1984) et le "Que sais-je?" sur René Girard (PUF, 2017).
Martin Steffens, professeur de philosophie en classes préparatoires à Strasbourg, chroniqueur régulier dans les colonnes du quotidien La Croix et de l'hebdomadaire La Vie, a notamment publié L’Eternité reçue (DDB, 2017), et Dieu, après la peur (Salvator, 2023).
Jérôme Thélot, professeur émérite de littérature française à l’Université de Lyon 3, a notamment publié Dits et entretiens de Bram van Velde (L’Atelier contemporain, 2025), L’autorité de la faim (Manucius, 2025).
Conseils de lecture
Pour ceux qui voudraient aborder l'oeuvre de Simone Weil, nous vous conseillons la lecture de la biographie de Simone Pétrement, "La vie de Simone Weil " (Fayard, 1997) et les ouvrages suivants :
Les Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale : Ce texte publié en 1934 est considéré par Simone Weil comme son « grand-oeuvre ». Elle y entreprend une critique de la pensée de Marx, tout en reprenant sa dénonciation du capitalisme moderne comme régime d’asservissement des travailleurs. Elle développe dans cet ouvrage une nouvelle anthropologie fondamentale, en se demandant comment l’évolution du rapport que l'humanité entretient à la nature détermine la manière dont les hommes se rapportent les uns aux autres.
La Condition ouvrière : Ce recueil regroupe des textes écrits par Simone Weil pendant ou à l’issue de son expérience en usine de 1934-1935. Dans ces textes, elle met à l’épreuve des faits ce qu’elle a théorisé dans ses Réflexions et élabore sa philosophie du travail au contact de la « vie réelle ». Mais ces textes vont bien au-delà de la seule question du travail : on y trouve de très beaux passages sur l’amitié, le malheur, la joie. L’article qui clôt le recueil, « Condition première d’un travail non-servile », permet d'entrevoir les rapports entre sa philosophie pratique et la métaphysique qu’elle élabore à Marseille dans les années 1940.
La Source grecque : Il s’agit d’un recueil de traductions et d’études concernant la pensée hellénistique. Ces textes permettent de comprendre comment Weil trouve chez les Grecs, et en particulier chez Platon, les aliments de ses propres réflexions. Parmi ces textes se trouve le célèbre article sur l’Iliade, dans lequel la force est identifiée comme la clé des relations humaines.
L’Enracinement : La rédaction de cet ouvrage est interrompue par la mort de Simone Weil. Il sera donc publié de manière posthume par Albert Camus, qui en choisira le titre. Weil y examine les rapports entre l’individu et la société et affirme la nécessité de développer une spiritualité du travail.
La Pesanteur et la grâce : Il s’agit d’un recueil d’extraits des Cahiers de Simone Weil, choisis et classés par Gustave Thibon. Il est le fruit d’un travail de sélection et donc d’interprétation de la pensée weilienne par un tiers. De ce fait, il ne saurait se substituer à la lecture directe des Cahiers publiés dans les Oeuvres complètes chez Gallimard (tome VI). Cependant, il peut constituer un premier point de contact avec la pensée qui s’y trouve élaborée.
